Mercure Galant de décembre 1686.
4ème partie. Voyage en Flandre. Lille. Tournai. Condé. Valenciennes. M. de Magalotti.

Page du Mercure Galant

Au sortir de la Monnaie, ils allèrent à l'hôpital Comtesse (1), où ils virent des religieuses (toutes filles de qualité) qui ont soin des malades et des blessés de la garnison. Leur zèle les édifia beaucoup, et leur église leur parut extrêmement belle. Elle leur firent présent de quelques bouquets de leurs ouvrages, qu'ils trouvèrent très bien travaillés, et dont ils les remercièrent avec toute l'honnêteté possible.

M. Doléac qui commandait la gendarmerie, leur envoya dire qu'il la ferait monter à cheval. Ils eurent du chagrin d'être obligés de se contenter de l'avoir vue à leur arrivée, mais le reste de leur après-dîner devait être employé à voir la place, les arsenaux et les magasins. Ils avaient été surpris de la beauté de cette gendarmerie aussi nombreuse que leste. Elle était composée des gendarmes écossais, de ceux de Bourgogne et de Flandre, des gendarmes anglais, des gendarmes et chevaux-légers de Mgr le Dauphin, et des gendarmes d'Anjou.

Les ambassadeurs firent ce jour-là le tour de la place, qu'ils trouvèrent d'une grande beauté. Ils visitèrent aussi les arsenaux et les magasins, et furent surpris de les voir si propres et d'y trouver tout en si bon ordre. On leur dit que c'était par les soins de M. du Mets (2), l'un des plus braves officiers que le roi ait dans ses troupes, et qui entend parfaitement l'artillerie. Ils dirent qu'ils en avaient ouï parler avantageusement en tant d'endroits, qu'ils auraient bien souhaité de le voir.

En rentrant, ils allèrent aux jésuites, où tous les pères les reçurent. Après qu'ils eurent visité une partie de leur maison, on leur fit voir un moulin à eau, qui peut être mis au nombre des choses les plus extraordinaires, puisque sans que personne agisse, il entonne le blé, moud et fait tout le reste que nous voyons dans les moulins lorsque les hommes s'en mêlent. Ils demandèrent le plan de ce moulin et on les satisfit là-dessus. Ils furent ensuite conduits dans une grande salle, où ils trouvèrent une magnifique collation. Ils dirent à ces pères qu'il n'appartenait qu'à eux de se distinguer en tout, et qu'ils ne manqueraient pas de rendre compte au roi de Siam du bon accueil qu'ils avaient reçu de leur Compagnie dans tous les endroits où ils les avaient trouvés établis.

Ils donnèrent ce soir-là pour mot : Point d'amis, ni d'ennemis que les siens, et allèrent souper chez M. de la Rablière, qui les avait invités. Ce repas fut d'une très grande magnificence, et accompagné d'une symphonie composée d'un fort grand nombre d'instruments. On y but les santés de l'Alliance Royale, et l'on recommença plusieurs fois celle du roi. Il y eut un grand bal après le souper, où Mlle Despière se fit admirer. On m'a assuré qu'elle est de la force de tout ce qu'il y a des personnes en France qui dansent le mieux. Les ambassadeurs ne s'en retournèrent qu'après minuit. Ce ne fut pas sans avoir fait de grands remerciements à M. de la Rablière, non seulement du régal qu'il leur venait de donner, mais encore de ses manières honnêtes. Le maître de la Monnaie les vint saluer le lendemain. Ils le reconnurent aussitôt, et le reçurent d'une manière très obligeante. Ils dînèrent ce jour-là de fort bonne heure, et sortirent de la ville de la manière qu'ils étaient entrés. Ils parlèrent beaucoup de M. de la Rablière pendant le chemin, et dirent qu'on pouvait appeler Lille la reine de Flandre, comme Paris la reine de France, et recommençant continuellement à parler des grandeurs du roi, ils dirent que rien n'en approchait, et que ce qui en paraissait souffrait la vue, mais non pas l'expression.

Ce même jour qui était le 6, ils arrivèrent à Tournai. C'est une place très forte, défendue par un château, qu'on dit que les Anglais ont bâti. Elle est sur l'Escaut, et capitale d'un petit pays appelé le Tournaisis. Outre l'église cathédrale de Notre-Dame qui est très belle, elle a dix paroisses, deux abbayes, et diverses autres maisons religieuses. L'empereur Charles V la prit en 1521 aux Français qui s'en étaient rendus maîtres trois ans auparavant. Elle est demeurée au roi par le traité d'Aix-la-Chapelle. Sa Majesté l'avait prise en 1667. Cette ville est très ancienne. L'évêché est suffragant de Cambrai. M. le comte de Maulévrier (3), lieutenant général des armées du roi, gouverneur des villes et citadelle de Tournai et du Tournaisis, avait envoyé sur le midi à une lieue au-devant des ambassadeurs 20 maîtres du régiment des cuirassiers qui est en garnison dans la ville, commandés par un lieutenant auquel il avait marqué le lieu où il devait se trouver avec sa troupe, et donné ordre qu'après que ce lieutenant aurait salué les ambassadeurs, il marcherait à la tête de leur carrosse avec 6 des siens, ferait marcher les 14 autres derrière, qu'ils escorteraient ainsi jusqu'au village de Marquain, qui est à une demi-lieue de Tournai, où ils avait résolu de venir avec un escadron de cuirassiers. Après que ce comte les eut salués et qu'il leur eut fait son compliment au lieu où il était venu les attendre, il prit le devant et se rendit à la maison qu'il leur avait fait préparer, et qui était magnifiquement meublée, pendant que tout l'escadron marchait devant et derrière leur carrosse. En approchant de la barrière, ils furent salués de vingt coups de canon, et passèrent depuis la porte de la ville entre deux haies d'infanterie jusqu'à leur logis, où M. le comte de Maulévrier les reçut et leur présenta MM. du Magistrat. La harangue qu'ils firent fut prononcée par M. de Surmon, conseiller pensionnaire, qui adressa la parole au premier ambassadeur, et lui parla en ces termes :

Monseigneur,

La renommée nous avait appris les grandes qualités du roi de Siam, et la grandeur de son génie pour la conduite de ses peuples, et nous savions aussi les soins particuliers qu'il y apporte. Nous admirons aujourd'hui le zèle qu'il a fait paraître sans reconnaître les choses les plus importantes de la terre, et nous nous réjouissons en même temps du bonheur qui a accompagné Votre Excellence pour surmonter les périls et les fatigues que lui ont causé l'éloignement et les difficultés du chemin. Nous avons bien de la joie, Monseigneur, du succès de ce voyage que le ciel a inspiré pour rechercher l'amitié de notre auguste monarque, qui après avoir vaincu tous ses ennemis, et pouvant encore pousser plus loin ses conquêtes, a mis sa plus grande gloire à donner la paix à toute l'Europe. Nous voyons présentement que Sa Majesté cherche à faire part au roi votre maître de toutes les lumières dont il a besoin pour reconnaître et embrasser la foi chrétienne, qui seule est reçue en tous ses royaumes, afin d'augmenter par ce moyen le mérite de son zèle. Nous venons, Monseigneur, de la part du Magistrat de cette ville, rendre nos respects à Votre Excellence, et la supplier d'agréer l'offre de nos très humbles services, et les vins honoraires de la ville, que lui présentent ses très humbles et très obéissants serviteurs, les prévôts, jurés, majors, et échevins de la ville de Tournai.

Le présent de ville fut de six douzaine de bouteilles de très excellent vin. L'ambassadeur répondit :

Messieurs,

Le roi de Siam, notre maître, ayant été informé de la grandeur du roi de France et de toutes ses conquêtes, lui a envoyé trois ambassadeurs pour lui demander son amitié, et afin d'être instruit plus particulièrement de ses victoires. Sa Majesté nous a fait combler de très grands honneurs dans tous les endroits de son royaume où nous avons passé. Nous remercions, Messieurs, la ville de Tournai de ceux qu'elle nous rend en son particulier, et de ses présents.

Les magistrats se retirèrent après cette réponse, et M. le comte de Maulévrier prit l'ordre des ambassadeurs, qui le lui donnèrent en ces mots : Aussi fidèle que brave, ce qui s'applique à la personne de ce gouverneur. Sur les cinq heures du soir, M. l'évêque de Tournai leur rendit visite, accompagné de M. de Mesgrigny, gouverneur de la citadelle (4). Une heure après, on fit jouer un feu d'artifice que MM. du Magistrat avaient fait dresser devant leurs fenêtres. Il était de 24 pieds en carré, sur 12 à 15 d'élévation. Au milieu paraissaient deux éléphants sur un piédestal, et entre eux un soleil un peu plus élevé, le tout goudronné, de manière que les éléphants et le soleil demeurèrent enflammés pendant que le feu dura. Le reste était composé de quantité d'artifice. On avait eu dessein d'orner la machine de ce feu de quelques devises à la gloire des deux rois, et pour cet effet, on demanda aux ambassadeurs le nom du roi de Siam, mais ils répondirent qu'ils ignoraient le nom de leurs rois tant qu'ils vivaient, et qu'ils ne l'apprenaient jamais qu'après leur mort (5).

Le feu fini, ils demandèrent à quoi servaient quatre pompes que l'on avait fait mener aux quatre coins. On leur dit qu'elles servaient à jeter de l'eau dedans et sur les maisons, en cas qu'il y arrivât quelque accident par le feu. Ils souhaitèrent en voir l'effet. On les fit jouer devant eux, et comme cela ne se pouvait sans mouiller le peuple, ce fut encore un plaisir qu'ils eurent. Le troisième ambassadeur descendit pour examiner une de ces machines. Avant que l'on fît jouer le feu, il y eut une décharge d'une trentaine de boîtes qu'on avait rangées autour. Sur les sept heures, les ambassadeurs envoyèrent prier M. le comte de Maulévrier de permettre à M. le marquis, son fils, de venir souper avec eux. Ils se mirent à table sitôt qu'il fut arrivé, et on ne laissa entrer que les dames pour les voir manger.

Le lendemain 7, à neuf heures du matin, M. le comte de Maulevrier leur envoya ses trois carrosses, qui les conduisirent à la citadelle, à l'entrée de laquelle M. de Mesgrigny les fit saluer de vingt coups de canon. Après les avoir reçus, il les mena d'abord sur le bastion du Dauphin. Comme ils avaient en main le plan de la ville et de la citadelle, ils se contentèrent de voir ce seul bastion, et admirèrent tous les ouvrages qu'ils découvrirent de ce lieu. M. de Mesgrigny leur fit entendre que tout ce qu'ils voyaient et tous les environs de la citadelle étaient minés et contreminés, et même qu'à la pointe du glacis de ce bastion, il y avait trois fourneaux chargés, qui étaient prêts à sauter. Ils demandèrent à descendre dans les galeries afin de mieux examiner ces fourneaux, ce qu'ils firent fort curieusement, et après quelques raisonnements et quelques questions qu'ils firent à M. de Mesgrigny sur la fortification, ils remontèrent et sortirent à la Porte Dauphine. M. de Mesgrigny leur montra l'endroit où étaient les trois fourneaux que l'on fit sauter en leur présence. L'un était chargé d'un millier de poudre, l'autre de 1 000 livres, et le troisième de 3 500 livres. Ces trois fourneaux eurent tout l'effet qu'on en pouvait espérer, et leur fit un si grand plaisir qu'ils demandèrent à voir les contreminesGaleries souterraines creusées par l'assiégé pour détruire ou gêner l'ennemi creusant des galeries de mines. Ces galeries peuvent également avoir été creusées lors de la construction des fortifications.. M. de Mesgrigny les mena à l'arsenal, où il leur en fit voir le plan. Ils lui témoignèrent quelque envie de l'avoir, mais il leur fit entendre que ces plans-là étant le vrai secret d'une place, ils ne se donnaient ni ne se montraient jamais à personne. Après l'avoir bien examiné, et demandé raison de toutes choses, ils allèrent voir faire l'exercice à la compagnie des jeunes gentilshommes, qui fit fort bien à son ordinaire. Cela étant fait, ils sortirent de la citadelle, et furent salués par vingt autres coups de canon, et ensuite ils retournèrent chez eux, où toutes les dames les virent dîner.

En sortant de table, ils montèrent en carrosse et allèrent à la porte Saint-Martin, où ils trouvèrent des chevaux que M. le comte de Maulevrier leur avait fait tenir prêts. Ils s'en servirent pour aller visiter les ouvrages de la place. Comme ils en avaient le plan avec eux, ils se contentèrent d'en voir une partie. Ils rentrèrent par la porte de Lille, et vinrent à la Comédie, où Mme la comtesse de Maulévrier et Mme la comtesse de Médavy (6) les attendaient avec une vingtaine de dames des mieux faites de la ville. Ils y donnèrent l'ordre à M. de Jearny (7), major de la ville, en ces mots : Je m'appuierai du bâton en combattant de l'épée. Ce mot, ainsi que le précédent, est appliqué à la personne de M. le comte de Maulévrier. Ce n'est pas à moi à raisonner sur ces mots, et je n'en dois rien dire, sinon qu'ils furent fort applaudis. On joua une pièce comique, mais afin de faire voir de beaux habits aux ambassadeurs, M. le comte de Maulévrier ordonna aux comédiens de se vêtir à la romaine, ce qui réussit fort bien.

Après la comédie, ce comte les fit mener dans ses carrosses sur l'esplanade, où il leur avait fait préparer quatre mortiers pour leur faire voir l'effet de deux bombes, d'un boulet rouge, et d'une carcasse (8). Ils admirèrent ces machines, et en raisonnèrent fort particulièrement, se faisant instruire de tout, et même des moindres choses. Ils montèrent sur la muraille, et virent jeter les bombes dans la campagne avec beaucoup d'admiration. M. le comte de Maulévrier les conduisit ensuite dans sa maison, dont ils trouvèrent le devant de la porte et la cour fort illuminés. Il les fit monter dans l'appartement de Mme la comtesse de Maulévrier, qui les reçut avec Mme la comtesse de Médavy et plusieurs dames. En attendant l'heure du souper, on leur donna le divertissement d'un concert de musique, composé de très belles voix, d'une viole et de quelques flûtes douces. Le concert fut trouvé bien exécuté et de bon goût. L'heure du souper venue, ils descendirent dans la grande salle, où ils trouvèrent une table de 24 couverts, remplie de viandes les plus délicates et les plus exquises. M. le comte de Maulevrier leur en avait fait servir devant eux qui étaient apprêtées à la française et à leurs manières, ce qui les fit demeurer plus longtemps à table qu'ils n'auraient fait. Leurs trois places étaient de suite séparées des autres, et à droite et à gauche étaient Mme la comtesse de Maulévrier, Mme la comtesse de Médavy, et six dames des mieux faites de la ville. Pendant le souper, on leur donna le divertissement d'un autre concert composé de voix, de hautbois et de violons. M. le comte de Maulévrier but à leurs santés, et il lui firent raison chacun en particulier avec toute l'honnêteté imaginable. Il but ensuite à l'alliance des deux Couronnes, et lorsque les ambassadeurs burent aussi, on entendit une décharge de quantité de boîtes. Elle fut suivie presque aussitôt d'un grand bruit de timbales et de trompettes qui continua jusqu'à ce que les ambassadeurs bussent à la santé du roi de France. Pendant que M. le comte de Maulevrier leur en fit raison, une autre décharge de boîtes se fit entendre, et le bruit des timbales et des trompettes recommença. On but ensuite à la santé du puissant roi de Siam, et pendant ce temps, la même quantité de boîtes, de timbales et de trompettes fit encore le même bruit. Il continua lorsque M. le comte de Maulévrier but à leur bon voyage. Cette santé leur fit beaucoup de plaisir. Ils burent aussi à celle des dames.

Après que l'on fut sorti de table, M. le comte de Maulevrier les conduisit dans son appartement, et leur demanda s'ils ne voudraient point fumer, mais comme apparemment ils savaient que cela se pratique peu en France, et surtout en compagnie, ils l'en remercièrent. Peu de temps après, il les mena à la porte de son jardin, au milieu duquel et autour du bassin, il y avait un fort grand nombre de fusées volantes qu'ils virent tirer avec beaucoup de plaisir. Ils rentrèrent dans la salle où ils trouvèrent les dames rangées, et quantité de violons qui jouaient. Comme ils avaient su que M. le comte de Maulévrier leur voulait donner le divertissement d'un bal, ils prirent les places qui leur étaient préparées, et virent danser pendant deux heures avec une joie qui faisait connaître qu'ils étaient très satisfaits de tous ces plaisirs, après quoi ils prirent congé de M. le gouverneur, auquel il marquèrent une très grande reconnaissance de tous les honneurs qu'il leur avait rendus. Ils lui firent dire entre autres choses qu'il semblait que toute sa famille s'était fait à l'envi un plaisir de les combler de toutes sortes d'honnêtetés. Ils montèrent dans ses carrosses et s'en retournèrent à leur logis. La cour et le devant de la porte étaient encore éclairés. Tous ces divertissements se passèrent sans la moindre confusion, et avec un ordre digne des précautions que M. et Mme la comtesse de Maulévrier avaient prises sur toutes choses.

Le lendemain 8, sur les 9 heures du matin, les ambassadeurs envoyèrent quérir M. le Marquis de Maulévrier pour déjeuner avec eux. Ils se mirent à table sitôt qu'il fut arrivé. Les dames, c'est-à-dire celles qui pouvaient être levées, les virent encore pendant ce temps, et après qu'il eurent déjeuné, toutes choses étant préparées pour leur départ, et M. le comte de Maulevrier étant venu prendre congé d'eux, ils montèrent en carrosse et passèrent entre deux haies au milieu d'un escadron de cavalerie, et d'un bataillon d'infanterie rangés sur la place, et depuis la place jusqu'à la grande église qu'ils voulurent voir. Ils y trouvèrent M. l'évêque de Tournai qui les y attendait, et lui firent dire que s'ils ne l'eussent pas trouvé là, leur dessein était d'aller chez lui pour avoir l'honneur de le voir. M. l'évêque les remercia. Il parut qu'en entrant dans ce magnifique temple, ils furent touchés de quelque secret mouvement qui leur inspira de faire dire à ce prélat qu'ils le priaient d'obtenir du vrai dieu qu'ils le pussent connaître, et qu'il lui plût de les tirer de ténèbres où ils pouvaient être pour professer la véritable religion. M. l'évêque leur répondit que toute la France et toute la chrétienté priait tous les jours Dieu pour cela. Il les conduisit ensuite dans le chœur qui est un des plus beaux qu'il y ait en France. Ils y trouvèrent MM. du Chapitre, rangés chacun dans sa place. Ils les saluèrent et allèrent jusqu'auprès et derrière l'autel, où ils furent quelque temps à admirer deux excellents tableaux de Rubens, et quantité de très beaux ouvrages de marbre et d'albâtre nouvellement faits autour de l'autel. De là, ils revinrent dans le chœur, où MM. de chapitre leur firent chanter un motet par leur musique, après quoi les ambassadeurs firent répéter encore à M. l'évêque qu'ils le priaient d'obtenir du vrai Dieu qu'il les daignât éclairer et mettre en état de professer la véritable religion. Ils prirent ensuite congé de lui, et de MM. du Chapitre qu'ils remercièrent. Étant remontés dans leurs carrosses, ils passèrent encore entre deux haies d'infanterie, depuis l'église jusqu'à la porte de Marvis, pour prendre le chemin de Condé. M. le comte de Maulevrier les conduisit avec la même quantité de cavalerie qui avait été au-devant d'eux à leur entrée. L'artillerie les salua de nouveau à la sortie de la barrière.

Le major du régiment d'Erlach (9) étant venu avec les ambassadeurs depuis Gravelines jusqu'à Tournai, où il commande un bataillon, ils conçurent de l'estime pour lui, et dans le chemin, l'ambassadeur monta dans sa chaise pour essayer s'il conduirait bien cette sorte de voiture. Il n'eut pas de peine de faire connaître que son adresse égale son esprit. Ils furent si satisfaits de ce major, que lorsqu'il prit congé d'eux quand ils partirent de Tournai, ils lui demandèrent s'il ne pouvait pas venir jusqu'à Paris avec eux. Mais son devoir l'engageait à demeurer à Tournai. Ils virent sur le chemin de Condé un bourg appelé Anthoin (10), qui appartient à Mme la princesse d'Epinay, et ils se souvinrent qu'ils avaient mangé avec elle à la collation que M. de Seignelay leur donna le jour qu'ils en eurent audience.

Ce jour-là, 8 novembre, ils arrivèrent à Condé. C'est une ville dans le Hainaut, qui fut prise par les Français en 1676, et où le roi a fait faire des fortifications qui la rendent une place très importante. Elle est sur l'Escaut, et a une église collégiale fort ancienne. Cette ville est célèbre pour avoir des seigneurs d'un grand mérite, mais surtout pour avoir donné son nom à plusieurs grands princes de la royale maison de Bourbon. François de Bourbon, comte de Vendôme, épousa en 1487 Marie de Luxembourg, fille aînée et principale héritière de Pierre de Luxembourg, II du nom, comte de Saint-Paul, de Conversan et de Soissons. Elle était vicomtesse de Meaux, dame d'Enghien, de Condé, etc. Elle mourut à La Fère en 1547, après avoir été veuve cinquante-deux ans, et ses petits enfants prirent le nom de princes de Condé. Charles de Bourbon, son fils, comte et ensuite premier duc de Vendôme, fut père d'Antoine de Bourbon, qui eut pour fils le roi Henri le Grand, et Louis de Bourbon, prince de Condé, qui a fait la branche des princes qui portent ce nom.

Lorsque les ambassadeur approchèrent de Condé, ils trouvèrent la cavalerie de la place qui était venue au-devant d'eux. Après que le carrosse se fut fait entendre, M. Pétau, gouverneur de la ville, parut pour les recevoir. Les rues se trouvèrent bordées d'infanterie jusqu'à la porte de leur logis, et ils reçurent les compliments et les présents comme dans les autres villes. Quoique M. le comte de Solre ne fût pas à Condé, ils ne laissèrent pas de loger dans sa maison qu'il leur avait offerte, et on leur en donna les plus magnifiques appartements. M. Pétau alla prendre l'ordre, et ils donnèrent pour mot : Je soutiendrai son nom. Ils s'expliquèrent là-dessus, et dirent que le nom de Condé était un nom si illustre, qu'on ferait toujours beaucoup lorsqu'on en soutiendrait la gloire. Ainsi vous voyez que c'est la ville qui parle, et qui dit qu'elle soutiendra le nom de Condé. M. Pétau les traita le soir en maigre (11), et le repas fut magnifique. Ils montèrent à cheval le lendemain de grand matin pour aller voir les fortifications de la place, et M. Pétau leur fit remarquer jusqu'aux moindres endroits. Il leur donna ensuite un fort grand dîner, n'ayant pas voulu qu'ils aient mangé ailleurs que chez lui tant qu'ils ont demeuré dans la place.

Ils en partirent le 9 pour aller coucher à Valenciennes. Il y a dans cette ville là, et dans ses faubourgs, 4 523 maisons, 21 108 personnes, sans compter les troupes du roi, 34 églises, une abbaye, un chapitre de chanoines, 7 paroisses, 10 couvents d'hommes et 11 de filles. La ville est une des plus considérables pour son antiquité. Les Romains y établirent diverses manufactures, et ayant été ruinée plusieurs fois, l'empereur Valentinien la fit réparer et entourer de murailles vers l'an 367 et lui donna son nom qu'elle retient encore aujourd'hui. Elle demeura sous la puissance romaine jusqu'à la venue de Clodion, qui la transmit aux rois de France ses successeurs, et fut sous les deux premières races de ses rois, comme terre distinguée de limites avec le titre de comté. Elle fut depuis à des princes qui la tenaient en qualité de seigneurs, y faisant battre de la monnaie à leur coin à titres de comtes de Valenciennes. Ce comté comprenait le pays d'Ostrevent, de Brabant, et l'espace qui est entre Morchipont, Mortmal, et La Selle, qui relevaient en partie de Lorraine et de France. Le mariage de Mathilde, comtesse de Valenciennes, avec Régnier IV, fils d'Avide, fille de Huë Capet comte de Hainaut, fit passer cette ville à ses héritiers l'an 1030, à condition d'être toujours distinguée, et de n'être point confondue avec le Hainaut. Par le mariage de Marguerite d'Avesne comtesse de Hainaut avec l'empereur Louis de Bavière, elle passa à la Maison de Bavière l'an 1346 jusqu'à ce que Jacqueline de Bavière vînt à mourir, laissant Philippe le Bon, duc de Bourgogne, son héritier, en 1437. Elle demeura dans la famille jusqu'à 1452 qu'elle passa à la Maison d'Autriche par la mort de Marie de Bourgogne, femme de l'empereur Maximilien à qui elle fut jusqu'en 1677 que, tout imprenable qu'on la croyait, elle fut prise d'assaut par les armes invincibles de Louis le Grand. Ce qui est de remarquable, c'est qu'elle peut se vanter d'avoir eu deux palais royaux, l'un où est à présent la citadelle, l'autre où est l'église des Cordeliers ; que Charlemagne y tint ses États Généraux pour la première fois, et y reçut la couronne d'Austrasie après la mort de son frère Carloman. On dit que le roi Pépin y fonda l'église de Notre-Dame. La maison de ville mérite d'y être vue.

Les ambassadeurs trouvèrent en approchant de cette place la cavalerie de la garnison qui les vint recevoir, et ensuite M. de Magalotti (12) qui les attendait à la porte. Son visage ouvert leur plut extrêmement, et lorsqu'il les eut quittés pour leur laisser prendre la route du lieu qu'on leur avait préparé pour leur logement, ils dirent de lui mille choses obligeantes, quoi qu'ils ne lui eussent parlé qu'un moment. Ils arrivèrent à leur logis après avoir été salués du canon et des officiers des troupes qui formaient deux haies dans la ville. M. de Magalotti avait pris soin de faire meubler la maison où ils allèrent, et il y avait fait porter quantité de fort beaux tableaux, et beaucoup de portraits. Après qu'ils se furent un peu reposés, il leur présenta MM. du Magistrat, et M. Château, conseiller de ville qui portait la parole, parla en ces termes :

Messeigneurs,

C'est dans une joie qui ne peut s'exprimer, que le magistrat de cette ville vient se présenter à vos excellences, pour leur témoigner les respects et les soumissions dues aux personnes qui représentent l'un des plus grands et des plus augustes monarques de l'Asie, et dont l'amitié est si chère au roi. Nous ne ferons point, Messeigneurs, le détail des conquêtes, des triomphes et des victoires éclatantes que notre grand monarque a remportées sur ses ennemis, dont la gloire est si grande, que la renommée s'en est répandue par toute la terre. Nous nous contenterons de dire qu'entre toutes les perfections et les vertus royales qui reluisent comme les rayons du soleil en sa personne sacrée, sa fidélité inviolable envers ses alliés en est une des plus brillantes. Nous prenons la liberté, Messeigneurs, de présenter à vos excellences les vins d'honneur, et quelques pièces de toilettes pour échantillons de manufactures de cette ville. Nous aurions bien de la joie si ce commerce pouvait s'établir dans vos provinces, à l'exemple des autres royaumes de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de plusieurs régions de l'Europe où cette manufacture est dans la plus haute considération.

Cette harangue finie, le magistrat leur présenta trois pièces de toile des plus fines de la fabrique de Valenciennes. Chaque pièce était enveloppée dans un brocard d'argent et bleu, et nouée avec des rubans de la même couleur. Ils eurent d'abord quelque peine à les accepter, et dirent qu'ils n'étaient point accoutumés à prendre des présent, mais que puisque c'était des échantillons d'une manufacture de la ville, ils les retenaient pour les faire voir au roi leur maître.

M. de Magalotti leur demanda l'ordre, et ils dirent : Miracle de nos jours. Ils firent entendre qu'ils voulaient parler de la manière dont la place avait été prise, qu'ils regardaient comme un miracle de notre siècle. Les dames seules eurent le privilège de les voir souper. Le lendemain, la fièvre ayant pris à M. Storf, ils en montrèrent une grande inquiétude, et l'allèrent voir plusieurs fois. Il leur dit qu'il n'était pas de leur dignité de visiter un particulier. Ils répondirent qu'ils le regardaient comme un autre eux-mêmes, et ils allèrent ce jour-là à la citadelle, d'où on leur montra le pâté par où la place avait été prise. Il virent faire l'exercice aux cadets, et l'ambassadeur les regarda avec tant de plaisir qu'il semblait qu'il enviât leur bonheur. Il dit qu'il voudrait n'être pas ambassadeur, ou du moins n'être pas le premier, afin de faire une campagne ou deux avec le roi en cas qu'il y eût guerre, et il ajouta qu'il saurait faire approuver sa conduite au roi son maître.

Ils allèrent dîner chez M. de Magalotti. Le repas fut splendide, et ils burent de tout ce que l'Italie a de meilleures liqueurs. Ils s'attachèrent à considérer des tableaux de petit point de la manufacture de Valenciennes, qui représentent des fleurs, et comme ils les trouvèrent parfaitement beaux, M. de Magalotti voulut les leur donner, mais ils ne les acceptèrent point. Au sortir de ce grand repas où il y eut deux tables, chacune de 20 couverts, ils allèrent voir les fortifications et firent le tour de la ville. M. de Magalotti leur fit une description de tout le siège ; il leur marqua tous les quartiers, et particulièrement celui du roi. Ils examinèrent de nouveau et de plus près l'endroit par où l'on a pris la place, et firent des réflexions sur l'intrépide valeur des Français. Ils remercièrent M. de Magalotti de toutes ses peines, et lui donnèrent pour mot : L'âge rend l'homme parfait. Ses cheveux blancs leur firent croire qu'il était plus âgé qu'il ne l'est. Les dames leur tinrent encore compagnie pendant leur souper. Le lendemain, M. de Magalotti, l'état-major et le Magistrat leur allèrent faire compliment sur leur départ. Alors l'ambassadeur leur dit d'un air riant qu'ils leur étaient fort obligés de toutes leurs honnêtetés, qu'ils ne les oublieraient jamais, et qu'ils ne manqueraient pas de la marquer au roi leur maître.

Les mêmes cérémonies qui avaient été observées à leur entrée, se firent à leur sortie. Ils trouvèrent dans leur carrosse les deux tableaux que M. de Magalotti leur avait offerts et qu'il avait fait mettre dans de très riches bordures. Cette honnêteté les surprit extrêmement. Ils les gardèrent, craignant de le désobliger, s'ils les renvoyaient. La cavalerie les reconduisit si loin qu'ils furent obligés de la prier de s'en retourner.

Quoiqu'il me reste encore à vous parler de la réception qui a été faite aux ambassadeurs en plusieurs villes, je suis obligé de finir ici cette troisième partie, afin de la donner dans le temps ordinaire. S'il ne s'était agi que du voyage en Flandre, il aurait fallu le mettre dans un seul volume, mais toute cette relation n'étant qu'un journal de l'ambassade de Siam en France, qui contiendra quatre volumes, et ces quatre volumes ensemble ne devant former qu'un seul ouvrage, je ne me suis pas attaché à mettre dans un même volume tout ce qui regarde la même matière. Celui-ci commence par quelques endroits qui n'ont pu être employés dans la description de Versailles, contenue dans la seconde partie, de même que celui qui le doit suivre renfermera ce qui n'a pu trouver place du voyage de Flandre dans ce troisième volume, avec quantité de circonstances nouvelles touchant ce voyage, qui sont arrivées depuis que ce volume est achevé, et d'autres qu'on attend encore. La quatrième et dernière partie de cette ambassade sera composée, outre ce qui reste à dire de Flandre, de ce que les ambassadeurs ont vu, fait et dit à Paris depuis leur voyage, ce qui ne sera pas moins curieux que ce qu'on a vu dans les volumes précédents. On ajoutera à toutes ces choses l'audience de congé qu'ils doivent avoir avant leur départ, les harangues qu'ils feront, la liste des présents qu'ils recevront, et tout ce qui regardera cette ambassade, jusqu'à ce qu'elle soit entièrement finie.

Comme on a souhaité d'avoir une estampe du trône dans lequel Sa Majesté a donné audience au bout de la galerie de Versailles, et de toute l'argenterie qui l'accompagnait, on en envoie une gravée d'après le dessin du plus fameux peintre que la France ait aujourd'hui (13). Cette estampe fera connaître dans les climats les plus reculés que ce qu'on y publie de la magnificence du roi est véritable, et les ambassadeurs de Siam en pourront confirmer la vérité. Les lettres qu'on y voit gravées marquent les places du roi, des princes de la maison royale, et des grands officiers de sa Majesté. Voici l'ordre qu'on a cru devoir observé pour les faire connaître :

Les chiffres marquent la place des ambassadeurs pendant l'audience, et de ceux qui les accompagnaient.

Il y avait encore plusieurs suivants, mais ils étaient plus éloignés, et n'étaient pas dans cette enceinte.

On aurait donné le portrait des ambassadeurs, mais le sieur Hainzelman (14) les a si bien gravés qu'on a cru qu'il était impossible de les mieux faire.

Le voyage des ambassadeurs. Mercure Galant de janvier 1687. Épître.

NOTES :

1 - L'hospice Comtesse fut fondé en 1227 sous le nom d'Hôpital Notre-Dame, par la comtesse Jeanne, fille de Baudouin IX, empereur de Constantinople et comte de Flandre. Cette maison, commencée à Marquette en même temps que l'abbaye du même lieu, était assez avancée, lorsqu'en 1230, la comtesse donna ordre de suspendre les travaux et de transférer l'établissement à Lille. Déjà cette princesse avait fondé l'Hôpital Saint-Sauveur et une maladrerie pour les innombrables lépreux qui venaient de la terre sainte. Son esprit actif et son âme compatissante, sans cesse occupés à chercher les moyens de soulager les malheureux, la portaient à multiplier ces établissements utiles. (Petit conducteur dans Lille à l'usage des étrangers, 1850, p. 43).

ImageLa cour intérieure de l'Hospice Comtesse. 

2 - Pierre Claude Berbier du Mets, (ou du Metz), né le 1er avril 1638, fut tué à la bataille de Fleurus, le 1er juillet 1690. 

3 - Édouard-François Colbert (1633-1696), comte de Maulévrier, frère de Jean-Baptiste Colbert. 

4 - Jean de Mesgrigny (1628 ou 1730-1720). 

5 - Nicolas Gervaise avait noté cette coutume, destinée à éviter que le nom du roi soit profané : Il est de la politique du royaume de Siam que le nom du roi ne vienne jamais qu'après sa mort à la connaissance du peuple. Il n'est su que des plus grands mandarins, à qui il est utile qu'il soit connu pour le bien de l'État. (Histoire naturelle et politique du royaume de Siam, 1688, pp. 241-242). Le père Tachard s'était également étonné du curieux mystère qui entourait le nom du souverain : Quand je fus arrivé à Louvo, je racontai à M. Constance l’embarras où je m’étais trouvé en demandant des nouvelles du roi de Siam, sans avoir pu obtenir aucune réponse : j’ajoutai que le trouble de ceux auxquels je m’étais adressé, et la peine qu’ils avaient eue à me répondre, m’avaient causé beaucoup d’inquiétude, dans la crainte qu’il ne fût arrivé à la cour quelque changement considérable. Il me répondit qu’on avait été fort étonné de mes questions, parce qu’elles étaient contraires aux usages des Siamois, auxquels il est si peu permis de s’informer de la santé du roi leur maître, que la plupart ne savent pas même son nom propre : et que ceux qui le savent n’oseraient le prononcer ; qu’il n’appartient qu’aux mandarins du premier ordre de prononcer un nom qu’ils regardent comme une chose sacrée et mystérieuse. (Second voyage des jésuites..., 1689, pp.146-147). Et rappelons que ce n'est qu'en 1873 que le peuple eut l'autorisation de regarder le visage du roi. 

6 - Marie-Thérèse Colbert, comtesse de Médavy (1669-1737), était la fille du comte de Maulévrier et de son épouse, Marie-Madeleine de Bautru de Serrant, comtesse de Maulévrier. 

7 - L'Almanach des belles pour l'année 1676, du poète Pierre-Corneille Blessebois, le Casanova du XVIIe siècle contient une tirade enflammée dédiée à Mes demoiselles Jearny, filles de l'illustre Monsieur Jearny, major de Tournai.

Jeunes sœurs dont l'esprit et les charmes divers
Donnent des liens d'or à ce vaste univers,
Chaînes de tous les cœurs, pudiques tourterelles,
Mères des beaux Amours, adorables pucelles,
Soleils dont les rayons ne forment rien d'impur
Et qui mollifiez le marbre le plus dur, etc. 

8 - Carcasse : Bombe de forme oblongue, composée de deux cerceaux de fer passés en croix l'un sur l'autre, avec un culot de même métal. On en remplit le vide avec des bouts de canons, de pistolets chargés de grenades, de mitraille, de divers artifices, et de force poudre grenée : on couvre tout cela d'étoupes bien goudronnées, et par-dessus on applique une toile neuve et forte, à laquelle on fait un trou pour passer l'ampoulette, ou fusée : elle se lance comme la bombe, avec un mortier ou pierrier ; elle occasionne un dégât terrible, cependant ce dégât n'excède guère celui occasionné par la bombe, et celle-ci est bien moins coûteuse. (Alexis Toussaint de Gaigne, Nouveau dictionnaire militaire, 1801. p. 82). 

9 - Le régiment d'infanterie suisse d'Erlach fut créé en 1672 et licencié en 1792. 

10 - Antoing, en Belgique, dans la province de Hainaut. 

11 - Le 8 novembre 1686 était un vendredi. 

12 - Bardo di Bardi Magalotti (1629-1705), gentilhomme florentin naturalisé français, lieutenant-général des armées du roi, gouverneur de Valenciennes. Une rue de la ville porte son nom. 

13 - Cette gravure ne se trouvait pas dans l'exemplaire que nous avons pu consulter. 

14 - Johann Hainzelmann (1641-1693), graveur.

Image Le troisième ambassadeur. Fait sur le naturel par Hainzelmann, Paris. 

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