Confusions…

À la lecture des diverses relations occidentales, l'ancien système monétaire siamois apparaît comme un invraisemblable casse-tête, plutôt siamois que chinois, bien entendu. La confusion la plus complète semble régner en ce domaine, confusion encore aggravée par les références aux mesures françaises de l'Ancien régime et à d'autres unités, asiatiques, indiennes, voire anglo-saxonnes.

Pourtant, un examen un peu plus approfondi montre que les choses ne sont pas si compliquées qu'elles en ont l'air, et que, si confusion il y a, elle provient davantage des auteurs de relations que du système lui-même. Les Occidentaux, en cherchant à traduire le nom des monnaies et des unités siamoises, ont introduit des similitudes artificielles avec d'autres unités, et ont largement contribué à obscurcir ce qui était somme toute assez simple, bien plus simple même que le redoutable système monétaire utilisé en France à la même époque.

Traductions approximatives…

Tael, cati, picul, tical, ces termes exotiques qui émaillent les relations des voyageurs occidentaux ne sont que des traductions approximatives d'unités utilisées principalement dans le système chinois, système qui servait alors de référence pour le commerce dans les Indes orientales. À côté de ce système normalisé, indispensable aux échanges internationaux en plein développement, il y avait des particularités siamoises qui n'ont pas été prises en compte dans les traductions. S'il était naturel de chercher à comparer les unités siamoises avec des valeurs que tout le monde connaissait et admettait, il aurait aussi fallu se demander si ces unités étaient tout à fait équivalentes. Ainsi au XIXe siècle, à quelques années d'intervalle, Mgr Pallegoix évalue le hab siamois à 72 kg et Dubois de Jancigny estime le picul à environ 62 kg. On lit souvent que le picul, unité de poids utilisée en Chine et dans toute l'Asie, est l'équivalent du hab siamois. Rien n'est moins sûr. Si les deux mesures ont la même origine - le fardeau moyen qu'un homme peut porter sur son dos - leur valeur différait sans doute sensiblement (les Siamois seraient-ils plus robustes que les Chinois ?) Qui a raison ? Probablement tous deux. Mgr Pallegoix se réfère au poids du hab en usage dans le royaume de Siam, et Dubois de Jancigny au poids du picul utilisé par les Occidentaux pour le commerce. De la même façon, La Loubère au XVIIe siècle affirme que le pic vaut 50 catis ; deux siècles plus tard, Dubois de Jancigny estime le picul à 100 catis. Quant au père Tachard, son pick en 1685 est égal à 125 livres. On peut penser qu'aucun de ces chiffres n'est avancé au hasard, et encore une fois, tout le monde a raison, car personne n'évoque la même valeur. La Loubère se réfère au schang, unité siamoise, Dubois de Jancigny se réfère au kin, unité chinoise équivalente à la moitié du schang. Comme ces deux mots sont généralement traduits par le même terme cati, que les Français assimilent à la livre, on voit aussitôt naître la confusion. Quant au père Tachard, sa livre n'est autre que la livre poids de marc utilisée en France sous l'Ancien Régime et qui valait 489 de nos grammes, ce qui porte son pick à 61,125 kg.

Des poids et des monnaies…

Toutes les unités monétaires siamoises, sauf les plus basses, sont également des unités de poids. Qu'elles soient fictives (monnaies de compte) ou réelles, elles représentent leur valeur en poids d'argent, tout comme la livre en France désignait à la fois une monnaie et un poids. Il est vraisemblable que, comme en Europe à cette époque, les valeurs changeaient de façon significative d'une région à l'autre. N'oublions pas qu'en France au XVIIe siècle, il était fréquent de constater des écarts considérables entre les différentes provinces, ainsi la livre poids de marc en usage à Paris pesait presque 70 g de plus que la livre poids de Lyon. Il est probable également que les monnaies siamoises, tout comme les monnaies françaises, devaient être rognées, soit par l'usage, soit intentionnellement, et que seule la pesée permettait de leur attribuer une valeur exacte.

Nous nous sommes donc efforcés de notre mieux de clarifier le sujet, conscients de n'avoir pas apporté toutes les réponses, inquiets d'avoir peut-être indiqué de fausses piste, mais satisfaits néanmoins d'avoir comblé un vide en consacrant une page francophone à ce thème.

Les monnaies du Siam sont de quatre sortes :


DES MONNAIES D'OR, très rares et sans cours légal.

DES MONNAIES D'ARGENT, qui ne sont pour les valeurs élevées que des monnaies de compte (c'est-à-dire qui n'ont pas de représentation matérielle) et pour les valeurs les plus faibles d'étonnantes billes d'argent.

DES MONNAIES DE CUIVRE de très faible valeur.

DES COQUILLAGES, appelés cauris.

Nous détaillons dans les tableaux ci-après ces différents types de monnaies, avec les noms utilisés dans les diverses relations que nous avons compilées.

MONNAIES D'OR

     Les monnaies d'or n'avaient pas cours, toutefois, il en existait que le roi faisait faire par curiosité, ainsi que l'indique l'abbé de Choisy. Dubois de Jancigny dit que ce n'est qu'accidentellement que l'or est monneyé ou plutôt marqué. On le regarde absolument comme une curiosité, et il ne saurait être considéré comme faisant partie du système monétaire. Tavernier nous offre deux illustrations de ces monnaies d'or :


MONNAIES D'ARGENT

MONNAIES DE COMPTE (poids d'argent)

     La plupart des monnaies étaient en argent. Toute la monnaie d'argent de Siam est faite des écus de Hollande que l'on bat en Hollande exprès et que la Compagnie hollandaise des Indes orientales y transporte sur le pied d'environ 4 florins l'écu (J.B. Tavernier).

หาบ : HAB - PIC - PIQUE - PICK - Unité de poids, le pic désigne un poids de la Chine dont on se sert particulierement du côté de Canton, pour peser les marchandises ; il se divise en cent catis ; quelques-uns disent en cent vingt-cinq ; le catis en seize taels ; chaque tael faisant une once deux gros de France, en sorte que le pic de la Chine revient à cent vingt-cinq livres, poids de marc. (encyclopédie de Diderot et d'Alembert)

     L'origine du mot serait malayo-javanaise et désignerait la charge, le fardeau qu'un homme peut porter sur son dos. On trouve également l'orthographe PICUL, PIKUL, PECAL. Le picul était ordinairement assimilé à l'unité siamoise hab, qui vaut aujourd'hui officiellement 100 catis de 600 g chacun, soit 60 kilos.

     L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert mentionne également le PICOL, poids dont on se sert à la Chine pour peser la soie. Il contient soixante-six catis, et trois quarts de catis, en sorte que trois picols font autant que le bahar de Malacca, c'est-à-dire deux cents catis.

ชั่ง : CHANG - SCHANG - CATTI - CATÉ - CATI - KATTI - TSIANI - TSIAM : L'origine du mot cati, généralement utilisé pour traduire l'unité siamoise chang, serait également malayo-javanaise. Les Chinois l'appellent kin ou chin, et il est égal à 16 taels, soit 625 g. Aujourd'hui en Thaïlande, le poids du cati est officiellement fixé à 600 g. Au XVIIe siècle, la plupart des relations fixe sa valeur à 20 taels.

ตำลึง : TAMLUNG - TAEL - TAYL - TEIL - TAMLING - THAIL - TAMLUNI : Ce mot provient peut-être du malais taïl ou tahil qui désignait une unité de poids, mot lui-même dérivé de l'indien tola. En Chine, le tael appelé liang valait 1/16 cati. Ce mot est la traduction occidentale du tamlung siamois, qui d'après la plupart des relations du XVIIe siècle, valait 1/20ème de cati et quatre ticals (ticaux) ou bahts.

MONNAIES REELLES :

บาท : BAHT - TICAL - TIKAL - BAT - BAAT : C'est une monnaie d'argent qui a cours et qui se fabrique dans le royaume de Siam. Elle pèse trois gros et vingt-trois grains. (Encyclopédie de Diderot et d'Alembert). Tical est un mot à l'étymologie obscure, peut-être une déformation du taka indien, lui même dérivé du tankaka sanscrit : monnaie d'argent poinçonnée. Le tical, le salung et le fuang, sont les trois monnaies d'argent du Siam pourvues de cette forme étonnante qui a de tout temps intrigué les voyageurs. Elles portent l'empreinte d'un ou de deux poinçons et ressemblent assez à des chevrotines ou à des balles. Ces monnaies, appelées pot duang (พดด้วง) en siamois, étaient d'une origine fort ancienne, sans doute dérivées des monnaies bracelet du royaume de Lanna. Leur usage s'est généralisé à partir du règne du roi Rakhamhaeng et s'est prolongé jusqu'en 1904. S'il est difficile aujourd'hui d'identifier l'époque de ces pièces à partir de leur poinçon, nous savons grâce à la La Loubère que les monnaies utilisées sous le règne de Phra Naraï étaient marquées d'une fleur de lotus. Le tical ou baht est aujourd'hui l'unité monétaire de la Thaïlande. C'est également un poids fixé officiellement à 1/40ème de chang, soit 15 g. Toutefois, le baht utilisé en bijouterie comme mesure d'or pèse 15,16 g.

มายม : MAYOM ou มะยง : MAYONG : Cette valeur, qui ne doit pas se confondre avec celle que les Occicentaux appelaient mayon (voir ci-dessous), valait un demi-baht. Il semble qu'elle n'ait pas été utilisée à toutes les époques, et qu'elle soit demeurée assez rare.

สลึง : SALUENG - MAFOS - MAYON - MAÏON - SELUNGUE - SELING - MAAS - SLINI - SLING - SALUNG - dérivé de mace, mot très certainement d'origine malayo-javanaise, issu du sanscrit masha, un poids particulier d'or. Engelbert Kaempfer utilise le mot maas, qui désignait également un poids en usage à Sumatra et représentant 1/16ème de tael malais. Yule (Hobson Jobson - Anglo-Indian Glossary - 1902) nous dit que le terme mace faisait partie du langage des marchands européens en Chine pour désigner la dixième partie du liang (tael). Dans le système de mesure d'Achin, on trouve le terme mayam, avec quelques similitudes avec le système siamois, puisque 16 mayam forment un tale, de la même façon que les Occidentaux considéraient que 16 mayons siamois formaient un tael. Le terme thaï pour désigner cette monnaie aujourd'hui disparue et qui serait équivalente un quart de baht, soit à 25 satang, est salung. Il est toutefois fort amusant de constater que le salung est resté dans le vocabulaire imagé des Thaïs. Un individu un peu demeuré ou immature est encore qualifié par plaisanterie de sam salung, trois salung, c'est-à-dire qu'il lui manque un salung pour être tout à fait normal, pour faire un baht. Nous dirions en France qu'il n'est pas tout à fait fini, ou qu'il a une case de vide...

เฟื้อง : FUEANG - FOANGH - FOUANT - FOUANG - FOANG - FOUEN - FAON - FUANG - PHUANI - PUJANG - Ce mot est typiquement siamois et n'a pas été traduit par les voyageurs occidentaux. Le fuang vaut la moitié du salung.

ไพ๒ : SONG PAÏ ou ซีก : SIK - SOMPAYA - SOMPAIE - SONTPAYE - SONGPAYE - SIAMPAI - SAPAI - Ces mots sont siamois, le sik vaut deux paï (song paï). c'est la plus petite monnoie d'argent qui se fabrique à Siam. Elle vaut quatre à cinq sols monnoie de France, à prendre l'once d'argent sur le pié de six livres. (Enclyclopédie de Diderot et d'Alembert).


MONNAIES DE CUIVRE

ไพ่ : PAÏ ou เสี้ยว : SIAO - PAYE - PUININI - PYNINI : ce terme siamois désignait une monnaie de cuivre d'une valeur égale au quart d'un salueng. (siao signifie quart en thaï). Le poids du paï est aujourd'hui de 0,468 g.

อ้ฐ : ATT : Il s'agissait à la fois d'un poids et d'une monnaie, qui avait la valeur d'un demi-paï. Mgr Pallegoix, pour sa part, fixe la valeur de l'att au cinquième du fuang.

โสฬส : SOLOT : le solot représentait la moitié d'un att, ou le quart d'un paï. Il était estimé à 50 coquillages (cauris).

     Ces différentes monnaies ont été fort longtemps en usage. À titre d'exemple, ces 6 timbres de 1883 à l'effigie du roi Chulalongkorn (Rama V), sont respectivement de gauche à droite d'une valeur faciale de 1 solot, 1 att, 1 siao, 1 sik, 1 fuang et 1 salung.


COQUILLAGES

เบี้ย : BIA - BÏA - CORIS - CAURIS - COWERS - BIJAS - Ces coquillages servaient de petite monnaie, et l'on peut se demander à quoi ressemblait le porte-monnaies des siamoises qui se rendaient au marché. On exportait les cauris (cyprea moneta) en grande quantité dans les tous les marchés de l'Orient des îles Maldives, où l'en en faisait la pêche deux fois par mois, trois jours avant et trois jours après la nouvelle lune. Les femmes seules étaient employées à cette pêche. Elles entraient dans la mer, où elles s'avançaient jusqu'à la ceinture, et fouillaient le sable pour en retirer les coquilles, dont on formait des sacs contenant chacun douze mille cauris. Ces sacs s'expédiaient à Ceylan, au Bengale, à Siam, etc. ; mais dans les îles Maldives, ces coquilles n'étaient pas monnaie courante. (Dubois de Jancigny - Japon, Indo-chine, empire birman (ou Ava), Annam (ou Cochinchine), péninsule malaise, etc. Firmin-Didot - Paris 1850).

Ces cauries, précise Mgr Pallegoix, dont la valeur n'est pas fixe, toutes embarrassantes qu'elles sont à compter, à porter dans un panier, ont cependant leur avantage ; car avec douze cents cauries, la personne qui va au bazar peut acheter en menu cinquante ou soixante espèces de comestibles, ce qui serait impossible avec nos sous et même nos liards.Tout de même, douze cents coquillages, cela doit peser un certain poids et occuper un certain volume !


POIDS EN GRAINS

กล่ำ : CLAM - CLAIN : La Loubère évoque cette unité en précisant qu'il ne s'agit pas d'une monnaie, mais d'une unité de poids censée peser douze grains de riz. Sur ce pied-là, le tical pèserait 768 grains de riz entier, ce que je n'ai point éprouvé. Le clam est effectivement un poids ancien, encore utilisé aujourd'hui en joaillerie, notamment pour l'évaluation des rubis. L'origine de ce mot est siamoise, et provient très certainement de makhlam, arbre de santal rouge.

     Il y avait des poids plus petits encore, dont le calcul s'établissait à partir de graines :

2 melt nga : เมล็ดงา (deux grains de sésame) = 1 melt kao pleuk : เมล็ดข้าวเปลือก (un grain de riz décortiqué).

2 melt kao pleuk (2 grains de riz décortiqués) = 1 klaum : กล่อม (1 melt khalam tanou : เมล็ดกะหล่ำตาหนู - graine d'une variété de chou dont nous n'avons pu trouver la dénomination exacte).

2 klaum = 1 clam (1 melt makhlam tachang : เมล็ดมะกล่ำตาช้าง - une graine de makhlam tachang - Adenanthera pavonina : bois de santal rouge).

2 clam = 1 paï.

Tableau de conversion des monnaies anciennes du Siam

bïa
solot = 50 bïa
att = 2 solot
paï (siao) = 2 att
sik (sorngpaï) = 2 paï
fuang = 2 sik
salung = 2 fuang
mayom (mayong) = 2 salung
baht
= 2 mayom
tamlung = 4 baht
schang
= 20 tamlung
hab
= 50 schang
bïa
1
50
100
200
400
800
1.600
3.200
6.400
25.600
512.000
25.600.000
solot
1
2
4
8
16
32
64
128
512
10.240
512.000
att
1
2
4
8
16
32
64
256
5.120
256.000
paï (siao)
1
2
4
8
16
32
128
2.560
128.000
sik (sorngpaï)
1
2
4
8
16
64
1.280
64.000
fuang
1
2
4
8
32
640
32.000
salung
1
2
4
16
320
16.000
mayom (mayong)
1
2
8
160
8.000
baht
1
4
80
4.000
tamlung
1
20
1.000
schang
1
50
hab
1

Tableau des mesures (poids et monnaies) siamoises relevées dans les relations et équivalences indiquées par les auteurs

Nous avons respecté l'orthographe adoptée par chacun des auteurs. Par ailleurs, et à titre d'information, nous avons ajouté à ce tableau les unités mentionnées dans l'encyclopédie de Diderot et d'Alembert, ainsi que celles de Mgr Pallegoix et de Dubois de Jancigny au milieu du XIXe siècle.

Joost Schuten (1637)
NOM
CATTI
TAYL
TICAL
MAFOS
FOANGH
Monnaies
20 tayls (140 livres)
7 francs et quelque chose davantage
30 sols
7 sols ½
3 sols 9 deniers
= 800 à 900 coris
Espèce de coquilles dont il faut 800 à 900 pour faire un foangh (Manilles, île de Borneo et de Lequeo
Jacques de Bourges
(1668)
Monnaies
TICAL
MAYON
FOUANT
SOMPAYA
37 sols
¼ tical
½ mayon
½ fouant
Jean Baptiste Tavernier
(1670)
Monnaies
MONNAIE D'OR
MONNAIE D'ARGENT
MONNAIE DE CUIVRE
18 grains de plus que la demi-pistole
= 7 livres 1 sol
à 3 livres 10 sols l'once = 3 gros ½ + 25 grains = 32 sols 4 deniers
= 200 monnaies de cuivre
Il en faut 200 pour une monnaie d'argent
Coquilles de mer qu'on apporte des Maldives
Nicolas Gervaise
1684 - 1685
Monnaies
CATE
TAEL
TICAL (BAT)
MAION (SELUNGUE)
FOÜANG
SOMPAIE
BIA
20 taels
4 ticals
33 sols 6 deniers
environ 8 sols 4 deniers
= 2 foüangs
½ selungue = 4 sols 2 deniers
½ Foüang = 2 sols 1 denier
Il en faut 800 pour faire un foüang. Viennent des Moluques et des Philippines
Poids
COIA
PIQUE
CATE
La plus grande mesure de riz, divisée en 40 parties pesant chacune 100 catés
3 catés
3 livres une once
Abbé de Choisy
1685
Monnaies
TICAL
MAYON
FOANG
SOMPAIE
CORIS
37 sols ½
= 4 mayons
¼ de tical
= 2 Foang
½ mayon
½ foang
coquilles que les Hollandais rapportent des Manilles. Il en faut 800 pour un foang
Alexandre de Chaumont
1685
Monnaies
TICAL
MAYON
FOUEN
FONTPAYE
CORIS
environ 40 sols

¼ tical
= 10 sols

5 sols
= 800 coris
2 sols ½
coquillages que les Hollandais leur portent des Maldives ou qui leur viennent des Malais et des Cochinchinois ou d'autres côtés
Le chevalier de Forbin
1685 - 1686
Monnaies
TICAL
FAON
40 sols
½ tical
= 5 sols
Coquilles de mer qui viennent des îles Maldives. Il en faut 120 pour faire 5 sols
La Loubère
1687
Monnaies
PIC
CATI (SCHANG)
TEIL (TAEL, TAMLING)
TICAL (BAAT)
MAYONS (SELING)
FOUANG
SONGPAYE
 
50 catis
20 teils
4 ticals
4 mayons
= ½ once
¼ tical
4 payes
½ fouang
Poids
CATI
TICAL
PAYE
CLAM
2 livres ½
½ once
= 768 grains de riz
2 clams
12 grains de riz
Engelbert Kaempfer
1690
Monnaies
KATTI (TSIANI, TSIAM)
THAIL (TAMLUNI)
TIKAL (BAAT)
MAAS
(SLINI,
SLING)
FUANG (PHUANI, PUJANG)
SIAMPAI (SAPAI)
COWERS
(BIJAS)
argent
= 2 livres ½ = 20 thails
= 50 rixdollars (Rishdalers)
4 tikals
4 Maas
= 30 Stievers hollandais
2 fuangs
2 siampais
2 puininis.
1 pynini contient un nombre indéfini de bijas, ou cowers
petits coquillages blancs ou jaunâtres de l'espèce Conchae Veneris.
Il en faut entre 500 et 800 pour faire un fuang (Phuang)
Encyclopédie Diderot et d'Alembert
Monnaies
TAMLING
TICAL (BAAT)
MAYON
FOUANG
SONGPAYE
 

= 4 ticals ou baats

= 4 mayons (seling)
= 3 gros et 23 grains
2 fouangs
½ mayon
= 2 sompayes
= quatre sous et la moitié d'un denier, à 3 livres 10 sous l'once d'argent.

= 2 payes
= quatre à cinq sols monnaie de France, à prendre l'once d'argent sur le pied de six livres.

1 paye = 2 clams

1 clam = 12 grains

Mgr Pallegoix
1854
Monnaies
SONG SALUNG
FUANG
CAURIS
50 livres d'argent
=
12.000 francs
20 onces ou 80 ticaux
= 1 livre d'argent
= 240 francs
4 ticaux
= 12 francs ou une once siamoise

La plus grosse pièce = 2 bats = 6 francs

1 bat = 3 francs

30 sous

1 salung
= 15 sous

7 sous ½
1200 cauris
= 1 fuang
poids
HAB
(QUINTAL)
CATI
(LIVRE CHINOISE)
XANG
BAHT
SALUNG
FOUANG
HÛN
= 100 livres chinoises ou 50 livres siamoises
= 72 kg.
1/2 xang
= 720 g.
1,440 kg.

= 2 salung
= 18 g.

2 fouang
= 4,5 g.

= 5 hûn
= 2,25 g
0,45 g
Dubois de Jancigny
Monnaies et poids
PICUL
CATIE
TUMLUNG
TICAL
SALUNG
FUANG
PHAI
CAURIS

100 caties
= 133 1/3 livres anglaises
= environ 62 kg.

20 tumlungs
4 ticals
(bât)
= 4 salungs
2 fuangs
2 songphais

200 cauris
= 1 phainung

2 phainung
= 1 songphai

200 cauris
= 1 phai (phainung)

Valeur officielle actuelle des poids en Thaïlande

hab
50 schang
60 kg.
schang
20 tamlung ou 80 baht
1,2 kg.
tamlung
4 baht
60 g.
baht
4 salung
15 g.
3 salung
6 fuang
11,25 g.
2 salung
4 fuang
7,5 g.
1 salung
2 fuang ou 1/4 baht
3,75 g.
1 fuang
4 paï ou 1/8 baht
1,875 g.
1 paï
2 att ou 1/32 baht
0,468 g.

Il est bien entendu difficile, sinon impossible, de savoir ce que valaient ces monnaies au XVIIe siècle. Pour le simple plaisir de la spéculation, et sans prétendre aucunement refléter la réalité, nous nous sommes amusés à faire une estimation à partir des indications de Mgr Pallegoix qui, en 1850, fixait à 12.000 francs la valeur du hab d'argent. Si nous estimons le francs 1850 à 2,78 € actuels, nous obtenons les sommes suivantes :

hab = 33.360 €
schang = 667,20 €
tael = 33,36 €
baht = 8,34 €
song salung = 4,17 €
salueng = 2,08 €
fuang = 1,04 €
songpaï = 0,52 €
paï = 0.26 €
att = 0,13 €
solot = 0.065 €
bia = 0,0013 €

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