LE TAMBAC

Tout ce qui brille n'est pas or.

Aiguière et bassin en tombac - Turquie, 1870.

La plupart des relations sur le Siam évoquent ce métal mystérieux que l'abbé de Choisy, même s'il ne le trouvait pas si beau qu'ils disent, supposait pouvoir être l'electrum du roi Salomon (1), légendaire alliage d'or et d'argent. Selon les époques et les pays, le nom se déclinait sous d'innombrables formes : tambaque, tambague, tombac, tomback, tombak, tambanck, tombaga, tambag, tambayckt, tumbeck, tombago, tombacco, tambaqua, tumbanck, tombec, etc. Yule et Burnell le font dériver du portugais tambaca, lui-même issu du malais tambaga, : cuivre, une déclinaison du sanskrit tamrika et tamra (2). L'article Wikipédia indique que le terme dérive du mot javanais tembaga (considéré à tort comme malais) (3). De fait, si le mot apparaît bien dans le dictionnaire malais-français de l'abbé Favre (4), qui le fait dériver du sanskrit tamraka, ou peut être udumbara, qui signifie cuivre, on le trouve également sous des formes très proches dans une vingtaine de dialectes philippins et indonésiens (5). Pour Alain Forest, le mot est probablement dérivé du khmer danhva (6).

Si l'origine du terme est sujette à discussions, la composition du métal qu'il désigne ne fait pas non plus l'unanimité. Le baron d'Holbach le définissait comme un alliage métallique, dont la couleur est jaune et approchante de celle de l'or, et dont le cuivre fait la base. On en fait des boucles, des boutons, des chandeliers, et d'autres ustensiles et ornements.  (7). D'Holbach indiquait par ailleurs qu'on l'appelait également métal du prince, parce que le prince palatin Robert l'apporta en Angleterre. C'est un alliage composé de six parties de laiton ou cuivre jaune, et d'une partie d'étain. Cette composition est d'un jaune qui imite assez l'or, mais elle noircit à l'air, et se couvre du vert-de-gris (8). En France, le mot apparaît chez Thévenot en 1664 (tombacque (9), dans les relations de Siam de Choisy (tambague, 1686), Tachard (tambag, 1686, et tambac, 1689), Chaumont (tambacq, 1686), La Loubère (span class="italic">tambac, 1691), Le Blanc (tambac, 1692), et pour la première fois dans l'édition 1740 du Dictionnaire de l'Académie française sous la forme tombac : Sorte de métal factice où le cuivre domine. (10), définition qui s'étoffe dans l'édition de 1762 : Sorte de métal factice, composé de cuivre et de zinc. Le tombac est blanc quand le zinc domine, et jaune quand c'est le cuivre (11). Cuivre et zinc, c'est également la composition que donne le Manuel historique, géographique et politique des négociants en 1762 : Composition métallique dont la base est le cuivre, dont on fait des tabatières, des boucles, etc. Bécha et Sthal, deux fameux chimistes, prétendent que le tombac est un mélange de zinc avec du cuivre à parties égales, qui imite sur la pierre de touche la couleur de l'or du Rhin (12) ; ressemblance qui suscitera le nom de similor, attesté en France dès le début du XVIIIe siècle.

Cuivre et zinc, CuZn, c'est tout simplement le laiton, métal qui était produit en masse en Europe au Moyen-Âge, comme l'expliquent David Bourgarit et Nicolas Thomas dans un article du magazine La Recherche : À la fin du Moyen Âge, en Europe, un matériau métallique, alliage de cuivre et de zinc, fait fureur : le laiton. Les populations de l'époque sont séduites par sa couleur jaune et brillante, qui rappelle l'aspect de l'or. Entre le XIIIe et le XVe siècle, les quantités d'objets en laiton, ainsi que le nombre d'ateliers et d'artisans engagés dans sa production explosent. Cet engouement a fait la prospérité de deux villes de la vallée de la Meuse dans l'actuelle Belgique, Dinant et Bouvignes, qui se mettent à en produire de manière quasi industrielle. Le laiton, et plus généralement les alliages à base de cuivre, arrive alors dans presque toutes les maisons. Ces alliages deviennent la matière première des chaudrons, chaudières, aiguières, et autres vaisselles qui concurrencent alors les récipients en céramique (13).

Même si Bourgarit et Thomas notent que le tambac était assez coûteux à produire au XIIIe siècle, ce n'était après tout qu'un métal destiné à faire des casseroles et des marmites, et l'admiration qu'il suscitait chez les auteurs de relations paraît un peu disproportionné. Un métal plus estimé que l'or dans ce pays-là, affirmait le chevalier de Chaumont (14). Un composé admirable de plusieurs métaux raffinés, lequel est plus estimé dans Siam que l'or même, quoiqu'il n'ait pas tant d'éclat, écrivait Nicolas Gervaise (15). L'explication résidait dans la composition du tambac siamois, qui, d'après les témoignages, n'était pas de cuivre et de zinc, mais d'or et de cuivre. La Loubère expliquait que le cuivre tiré des mines de Siam était d'une assez pauvre qualité, mais certainement ce qui en fait la véritable valeur chez les Siamois mêmes, c'est la quantité d'or dont on juge qu'il peut être mêlé. Quand leur avarice forme des souhaits, c'est pour l'or et non pas pour le tambac, et nous avons vu que quand le roi de Siam a fait faire des crucifix pour donner aux chrétiens, la plus noble et la plus petite partie, qui est le Christ, a été d'or, la croix seule a été de tambac (16). L'abbé de Choisy corroborait cette composition, mais, contrairement à La Loubère, affirmait que la valeur de l'alliage était due à la qualité du cuivre qui y était mêlé : Apprenez que le tambac est une matière composée de sept parts d'or sur trois parts d'une espèce de cuivre qu'on trouve dans les montagnes de Siam ; et ce cuivre est huit fois plus fin que le cuivre ordinaire, est fort rare et donne à l'or un éclat brillant qu'il n'a point tout seul (17). On notera que l'abbé attribuait au tambac un éclat plus brillant que l'or, alors que Gervaise le jugeait plus terne. Quant au père Tachard, il ne mentionnait pas le cuivre, et évoquait un mélange de sept parties d'or et de trois autres parties d'un métal aussi précieux que l'or même (18). Le père Le Blanc, pour sa part, faisait allusion à un métal originaire du Japon, estimé valoir deux tiers d'or et un troisième d'argent (19).

L'alliage d'or et de cuivre a un nom siamois, c'est le nak (นาก), que le Dictionnaire du Royal Institute définit comme un mélange d'or, d'argent et de cuivre. Plus résistant et plus dur que l'or pur, il a une teneur en or généralement comprise en 40 et 60%.

Masque mortuaire en tumbaga d'un guerrier Mochica

Dans la seconde moitié du XXe siècle, des fouilles archéologiques sur des sites péruviens, notamment à Sipan et à Loma Negra, mirent au jour une multitude d'objets métalliques créés par les Mochicas, peuple du royaume Moche qui rayonna sur la côte nord péruvienne entre le Ier et le VIIe siècle de notre ère. Parmi eux, nombre de statuettes, de bijoux, de masques confectionnés avec des métaux alliant l'or au cuivre et à l'argent. L'archéologue Heather Lechtman écrivait : On a souvent prétendu, et à juste titre, que les Mochicas étaient les plus raffinés des métallurgistes andins, et que leurs productions métalliques étaient inégalées, même par ceux qui leur ont succédé, y compris les Incas (20). Ces techniques avancées se répandirent sans doute dans les pays et les royaumes andins frontaliers, dans les actuels Bolivie, Équateur et Colombie, et au-delà. C'est probablement un alliage d'or et de cuivre, un or de qualité inférieure que Christophe Colombe appelait guanin en 1503, lors de son incursion à la Côte des Mosquitos, à l'est du Vénézuéla (21). En 1546, dans une communication au roi d'Espagne, l'explorateur Pérez de Tolosa rapportait que les Motilones (les Baris), peuple vivant à la frontière des actuels Colombie et Vénézuéla, portaient des bijoux faits dans un alliage de cuivre et d'or appelé carcuri (22). Les conquistadors espagnols appelleront ce métal tumbaga, mot dont la parenté avec le tambac asiatique est évidente. Dès lors, se pose une énigme : comment un terme désignant un alliage métallique peut-il apparaître simultanément aux antipodes de la planète, l'un au nord de l'Amérique du Sud, l'autre en Asie du sud-est, à une époque où les voyages sont particulièrement lents et rares ? C'est la piste qu'a suivi le linguiste Robert Blust dans son article : Tumbaga in southeast Asia and South America (23).

Blust avance l'idée que seuls les métallurgistes du Nouveau Monde connaissaient la technique permettant d'allier le cuivre à l'or, les asiatiques, pour leur part, ne fondant que des alliages cuivre et étain (bronze), cuivre et arsenic (bronze arsénié), cuivre et zinc (laiton), cuivre et plomb (cuproplomb), etc. Ce n'est qu'au contact des Espagnols, dont l'empire colonial couvrait tant l'archipel philippin qu'une immense partie du Mexique et de l'Amerique centrale, que les peuples d'Asie s'initièrent, au début du XVIIe siècle, aux alliages cuivre et or. Le scénario proposé par Blust se décompose ainsi : 1. Les Espagnols aux Philippines assimilent le mot tumbaga, qui signifie localement cuivre. 2. Ils importent le terme en Amérique du Sud, sans doute en Colombie, et l'appliquent non au cuivre, mais à un alliage spécifiquement andin de cuivre et d'or. 3. Le mot change progressivement de sens, et de cuivre, sa signification originelle, il devient synonyme de mélange d'or et de cuivre. 4. Les Espagnols exportent massivement l'alliage aux Philippines, notamment comme monnaie d'échange pour leurs transactions commerciales avec la Chine, et y réintroduisent le mot avec sa nouvelle signification.

Il est peu probable que les Siamois, amplement décrits comme habiles artisans, mais piètres métallurgistes, et dont les productions d'or et de cuivre étaient très faibles et souvent de qualité médiocre, aient pu produire du tambac, même en faible quantité. Sans doute l'achetaient-ils aux marchands malais ou chinois.

Bien entendu, la ressemblance du tombac avec l'or ne pouvait manquer de provoquer des escroqueries. Un arrêt du Conseil d'État du 21 mai 1746 révoquait et annulait les privilèges accordés aux sieurs de Renty, le Blanc, de la Vigne et Melavy, pour la composition vente et débit du Similor, Tombac, Métal de Prince et autres compositions de pareille nature, sous quelque dénomination que ce puisse être.

Sa Majesté étant informée qu'il s'est commis des abus et des fraudes très répréhensibles dans la vente et le débit des ouvrages de similor, tombac, métal de prince et autres mélanges de métaux de la fabrique de sieurs de Renty, le Blanc, de la Vigne et Melavy, plusieurs bagues, cachets, croix de cols et autres menus bijoux de ces différentes compositions ayant été vendus pour de l 'or, par des colporteurs, à des gens de la campagne et autres particuliers peu instruits dans la connaissance des métaux ; que des ouvriers de mauvaise foi abusant de la ressemblance de ces matières avec l 'or, ont composé des tabatières, boîtes de montres et autres ouvrages dont quelques parties étaient d 'or, marquées du poinçon de la maison commune des orfèvres, et les autres parties de métal de composition jointes et soudées avec les précédents, et que ces ouvrages ont été vendus pour or pur au titre de Paris ; et étant informée d 'ailleurs que ces compositions que le luxe a introduites, bien loin de donner quelque perfection réelle au cuivre qui en est la base, ne font au contraire que le détériorer par l 'alliage du zinc et du régule d 'antimoine qui, en lui procurant un éclat momentané, lui ôte sa ductibilité sans corriger sa mauvaise odeur ni aucun autre défaut, et le rend d 'une beaucoup moindre valeur que le cuivre ordinaire ; que cependant les ouvrages qui en sont faits se vendent à un prix excessif, eu égard à la valeUr intrinsèque de la matière, d 'où il résulte un perte très considérable pour le public ; Sa Majesté, voulant remédier à ces abus…

LA TOUTENAGUE

Au tombac, métal doré, simili or, répondait la toutenague, métal blanc, simili argent. Yule et Burnell font dériver le mot du portugais tutenaga, lui-même issu du persan tūtiya, et du sanskrit tuttha, un oxyde de zinc, terme généralement utilisé aux Indes pour désigner le vitriol bleu ou sulfate de cuivre (CuSO4(24). Selon Silvestre de Sacy, le mot vient assurément de toutia, et peut-être est-ce un mot purement persan, substance d'une nature analogue à la tutie (25). Littré le fait dériver de toûtiyânâk, mot hybride d'arabe et de persan, signifiant analogue à la tutie ; nâk est une particule persane ajoutée au mot arabe.

On trouve dans les relations une multitude de termes apparentés : tootnague, tontenague, tutenaga, tutenague, tuttanagam, tutti-naga, tintinaga, tutunaga, tuthinag, tutonag, tutunac, toothnage, tintenague, etc., et même l'amusante et absurde déformation populaire anglaise tooth and egg (dent et œuf) (26). En France, le mot apparaît en 1684 sous la plume de Melchisédec Thévenot dans sa description de la ville indienne de Delhi : On voit dans cette ville un certain métal appelé tutunac, qui approche de l'étain, mais qui est beaucoup plus beau et plus fin, et souvent on le prend pour de l'argent. Ce métal s'apporte de la chine (27). Le Dictionnaire de l'Académie française accueille le terme pour la première fois dans son édition de 1762 : Alliage métallique blanc fait avec de l'étain et du bismuth. On le nomme aussi tintenaque (28) L'édition de 1935 modifiera légèrement cette définition : Alliage métallique blanc fait avec du cuivre, du nickel et du zinc (29). Le cuivre, le nickel et le zinc sont les trois éléments qui composent l'alliage mis au point en France au début du XIXe siècle sous le nom de maillechort.

Dragon en cuivre blanc de Chine

Selon La Loubère, la toutenague siamoise est un alliage d'étain, qui se trouve en abondance dans le royaume, et de cadmie (oxyde de zinc) (30) ; Au XVIIIe siècle, la plupart des auteurs considèrent qu'il s'agit d'un minerai qu'on trouve en Chine à l'état naturel. Le baron d'Holbach écrivait dans l'Encyclopédie&nbgsp;: On avait cru jusqu'à présent, que la toutenague était une composition métallique, on prétendait même que c'était un alliage d'étain et de bismuth ; enfin M. Charles Gustave Ekeberg, premier subrécargue de la Compagnie des Indes de Suède, a détrompé le public de cette idée ; dans un avis qu'il a donné à l'Académie royale des Sciences de Suède, il dit que cette substance métallique se trouve en Chine, dans la province de Whonam [Yunnan] ; les Chinois l'appellent packyyn ; la mine qui la fournit est d'un gris de cendre tirant un peu sur le bleuâtre ; elle est brillante comme de la mine de fer ; elle est fort pesante, suivant qu'elle est plus ou moins chargée de métal ; elle est tendre sous terre, mais se durcit à l'air. On la rencontre à différentes profondeurs, et quelquefois à plus de quatre-vingt toises de la surface de la terre. La couche de terre qui couvre cette substance est ou jaune ou verdâtre, ou même noire. Il y a des filons qui vont quelquefois aboutir à la surface du terrain ; on est obligé d'en chercher d'autres d'après des indices connus. Ce métal ou cette substance se trouve en certains endroits toute formée et toute pure. À l'égard de la mine, elle se fond aisément ; lorsqu'on la grille et qu'on la fait fondre, il en part une fumée épaisse, d'une odeur désagréable, et qui est nuisible et malsaine (31).

Le packyyn mentionné par d'Holbach, et dont on trouve de nombreuse déclinaisons (packtong, pakton, packfong, pakfong, pakfung, paitung, paitun, baitong, baitun, baitung, etc.) serait le peh t'ung chinois, un alliage naturel de cuivre, de zinc et de nickel, d'une couleur proche de celle de l'argent, appelé aussi cuivre blanc ou cuivre chinois (32).

LE CALIN

Yule et Burnell font dériver le mot de l'arabe kala'i, étain, du nom d'une mine indienne appelée kala', et mentionnent de nombreuses déclinaisons : calain, calay, kalah, kalaï, calaim, calayn, callaym, calem, kalin, etc. (33). Le terme n'eut jamais les honneurs du Dictionnaire de l'Académie française. Il apparaît en 1721 dans le Dictionnaire de Trévoux : C'est une espèce de métal, alliage de plomb et d'étain, que les Chinois préparent, et dont ils font plusieurs ustensiles au Japon et à Siam. Ils en couvrent même leurs maisons. On en apporte aussi des cafetières (34).

Cafetière de la fin du XVIIe siècle

On trouve le mot dès 1615 sous la plume de Pyrard de Laval, qui évoque un métal qu'ils appellent calin, dont on fait grand état par toutes les Indes, et même en Perse et ailleurs. Il est dur comme argent, et blanc comme étain ; il blanchit toujours à l'usage. On en fait de la monnaie à Goa et dans les autres terres des Portugais, et en quelques endroits des Indiens, bien que rarement, car toute leur monnaie est d'or ou d'argent ; ou bien ils le coupent par morceau pour acheter des marchandises. De ce métal, ils font tous leurs ustensiles et ornements, comme l'on fait ici d'argent et d'étain. Même ils en font des bagues et des bracelets pour filles et enfants (35). L'abbé de Choisy le décrit comme une espèce d'étain sonnant, fort luisant (36), le père Tachard comme une espèce de métal fort blanc, entre l'étain et le plomb, et beaucoup plus léger que l'un et l'autre (37). Pour Nicolas Gervaise, il s'agit d'un mélange de cuivre et d'étain (38), et pour le père Le Blanc, d'un métal qui tient un milieu entre l'étain et le plomb (39).

Pour La Loubère, le calin était tout simplement un étain de mauvaise qualité : Il est mol et mal purifié, et l'on en voit un échantillon dans les boîtes à thé communes, qui viennent de ces pays-là (40). Savary des Brûlons le considérait plus beau que le plomb, mais inférieur à l'étain (41). De fait, le calin et l'étain ne provenaient pas des mêmes régions, comme l'indique Alain Forest. Le calin était extrait des provinces du sud-est du pays, notamment de Jongsalam (l'actuelle Phuket) où les Hollandais disposaient, jusque dans les années 1660, d'un comptoir pour l'acquérir directement sur place. Quant à l'étain proprement dit, le centre de son extraction était Ligor [aujourd'hui Nakhon Si Thammarat] où, selon Choisy, les Hollandais vont le chercher pour le porter au Japon et l'y échanger contre de la monnaie d'or japonaise (42).

Par traité du 11 décembre 1685, signé par le chevalier de Chaumont et Phaulkon, le roi Naraï accordait à la Compagnie française des Indes le monopole du commerce de l'étain de Phuket. Deux ans jour pour jour, le 11 décembre 1687, Céberet et La Loubère obtenaient par traité le monopole du commerce du calin, avec pour contrepartie que ladite Compagnie demeure obligée de porter les marchandises nécessaires pour le commerce et pour les besoins des habitants du susdit gouvernement [Phuket] et de ses districts, de sorte qu'ils ne soient pas obligés de chercher d'autres moyens pour remédier à leurs besoins […] (43).

NOTES

1 - Journal du voyage de Siam du 30 octobre 1685. 

2 - Hobson Jobson, 1903, p. 929. 

3 - https://fr.wikipedia.org/wiki/Tombac

4 - Pierre-Étienne-Lazare Favre : Dictionnaire malais-français, Vienne, 1875, I, p. 787. 

5 - Robert Blust, Tumbaga in Southeast Asia and South America, Anthropos : revue internationale d’ethnologie et de linguistique, n° 87, 1992, p. 446. 

6 - Le Siam dans le Mouvement de la navigation et du commerce à la fin du XVIIe siècle, Université de Sophia, 1989, p. 56. 

7 - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, XVI, p. 397. 

8 - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, XIII, p. 372. 

9 - Relation de divers voyages curieux qui n'ont point été publiés […], Seconde partie, Mémoire du voyage aux Indes orientales du capitaine Beaulieu dressé par lui-même, Paris, 1664, p. 54. 

10 - II, p. 778. 

11 - II, p. 843. 

12 - III, p. 479. 

13 - Le laiton produit en masse au Moyen Âge, La Recherche, n° 468,‎ 1er octobre 2012, p. 62. 

14 - Relation de l'ambassade de M. le chevalier de Chaumont à la cour du roi de Siam, Seneuse et Hortemels, 1686, p. 101. 

15 - Histoire naturelle et politique du royaume de Siam, 1688, p. 295. 

16 - Du royaume de Siam, 1691, p. 47. 

17 - Journal du voyage de Siam du 4 décembre 1685. 

18 - Voyage de Siam des pères jésuites, 1686, p. 330. 

19 - Histoire de la révolution du royaume de Siam arrivée en l'année 1688, 1692, II, p. 162. 

20 - Technology and Culture, vol. 25, n° 1, janvier 1984, The Johns Hopkins University Press and the Society for the History of Technology, p. 15. 

21 - Washington Irving, History of the Life and Voyages of Christopher Columbus, 1841, II, p. 92. 

22 - Amelia Carolina Sparavigna, Depletion Gilding: An Ancient Method for Surface Enrichment of Gold Alloys, Mechanics, Materials Science & Engineering, janvier 2016, n.p. 

23 - Robert Blust, Tumbaga in Southeast Asia and South America, Anthropos : revue internationale d’ethnologie et de linguistique, n° 87, 1992, p. 443-457. 

24 - Hobson Jobson, 1903, p. 932. 

25 - Silvestre de Sacy, Chrestomathie arabe, ou extraits de divers écrivains arabes […], 1827, III, p. 464. 

26 - Alfred Bonnin, Tutenag & Paktong: With Notes on Other Alloys in Domestic Use During the Eighteenth Century, Oxford University Press, H. Milford, 1924, p. 36. 

27 - Melchisédec Thévenot, Les voyages de M. de Thévenot aux Indes orientales, III, Paris, 1684, p. 136. 

28 - II, p. 859. 

29 - II, p. 675. 

30 - Du royaume de Siam, 1691, I, p. 49. 

31 - Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, XVI, 1765, p. 497. 

32 - Encyclopédie des Sciences et Techniques, VIII, 1972, p. 348). 

33 - Hobson Jobson, 1903, pp. 145-146. 

34 - Dictionnaire de Trévoux, 1721, I, p. 1352. Pyrard de Laval, Seconde partie du voyage de François Pyrard, Paris, 1615, II, pp. 298-299). 

35 - Journal du voyage de Siam, 30 octobre 1685. 

36 - Second voyage des pères jésuite, 1689, p. 211. 

37 - Histoire naturelle et politique du royaume de Siam, 1688, p. 32. 

38 - Histoire de la révolution du royaume de Siam arrivée en l'année 1688, 1692, II, p. 164. 

39 - Du royaume de Siam, 1691, I, p. 49. 

40 - Dictionnaire universel de commerce, 1726, II, p. 519. 

41 - Alain Forest, Le Siam dans le mouvement de la navigation et du commerce à la fin du XVIIe siècle, Journal of Sophia Asian Studies, n° 7, 1989, p. 50. 

42 - Traité reproduit dans l'article de Georges Cœdès : Siamese Documents of the Seventeenth Century, Journal of the Siam Society, Vol. 14.2, 1921, p. 33. 

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