Chapitre 183.
De la triste mort de ce roi de Siam et de quelques choses illustres et mémorables par lui faites durant sa vie.

Page de la relation de Fernard Mendez Pinto

Comme l'on eut passé le jour et la nuit suivante de la façon que je viens de dire, le lendemain à huit heures du matin, l'infortuné roi rendit l'esprit en la présence de la plupart des seigneurs de son royaume, de quoi il se fit une si grande démonstration de deuil parmi le peuple, que de quelque côté qu'on se tournât, on n'entendait que gémissements accompagnés de larmes, ce qui semblait une chose éloignée de tout usage et de toute raison naturelle. Or d'autant que ce prince vivait en réputation d'être charitable aux pauvres, libéral en ses bienfaits et en ses récompenses, pitoyable et doux envers un chacun et surtout incorruptible à faire justice et à châtier les méchants, ses sujets parlaient si amplement de ceci en le regrettant, que si tout ce qu'ils en disaient était véritable, il faut croire qu'il n'y eut jamais de meilleur roi que celui-ci, ni parmi les païens, ni en toutes les autres contrées du monde. Toutefois, comme je ne puis assurer si les choses qu'ils disaient en leurs plaintes étaient véritables, pour ne les avoir vues, j'en demeurerai seulement à celles qui pour son regard se sont passées de mon temps, et ne les pouvant mettre en doute j'en rapporterai ici trois ou quatre entre plusieurs actions que je lui ai vu faire depuis l'année 1540 jusqu'à 1545 que je fus en marchandise dans ce royaume (1).

La première fut que l'année 1540, Pedro de Faria étant gouverneur de Malacca  (2), le roi Dom Jean III, de glorieuse mémoire (3), lui écrivit une lettre par laquelle il lui recommandait sur toutes choses, de faire son possible pour racheter un certain Dominique de Seixas, qui depuis l'espace de vingt-trois ans était esclave dans le royaume de Siam (4), ajoutant que telle chose était importante au service de Dieu et au sien, pour avoir appris que de lui plutôt que de tout autre il pourrait être instruit véritablement de grandes choses qu'on lui contait de ce royaume, et qu'en cas qu'il vînt à racheter ce chrétien, il l'envoyât incontinent aux Indes vers le vice-roi Dom Garcia (5) auquel il en avait déjà écrit, afin qu'il le fît embarquer dans le navire qui partirait cette année-là pour s'en revenir au Portugal. Pedro de Faria n'eut pas plutôt reçu cette lettre que voyant avec combien de soin le roi son maître lui recommandait cette affaire, il envoya pour son ambassadeur à Siam un certain Francisco de Crasto, homme noble et grandement riche, afin d'y traiter de la rançon de ce Dominique de Seixas, et d'autres seize Portugais qui étaient encore esclaves.

Suivant cette commission, Francisco de Crasto s'en vint à la ville d'OdiaaAyutthaya (อยุธยา), alors capitale du royaume de Siam., au temps que j'y étais, où il donna sa lettre au roi de Siam qui lui fit une fort bonne réception, et après l'avoir lue et s'être enquis de lui de plusieurs choses nouvelles et curieuses, il lui fit réponse aussitôt, chose qu'il n'avait point accoutumé de faire à aucun ambassadeur. En cette réponse étaient contenues ces paroles : Quant à Dominique de Seixas que le capitaine de Malacca m'envoie demander, m'avertissant que je ferai un grand plaisir au roi de Portugal de le lui envoyer, je m'y accorde très volontiers, et à délivrer aussi tous les autres qui sont avec lui. Alors Francisco de Crasto, ayant eu cette dépêche du roi, l'en remercia fort humblement et se prosterna par trois diverses fois, la tête penchée contre terre, comme l'on a de coutume de faire à ce roi, pour être plus absolu que tous les autres. Depuis lors que la saison permit à Francisco de Crasto de s'en retourner à Malacca, il envoya chercher Dominique de Seixas en la ville de Gutaleu où il était alors général de la frontière, ayant à sa charge trente mille hommes de pied, cinq mille chevaux et dix-huit mille ducats de pension par an. Avec lui, il fit venir encore les autres seize Portugais, et les mit tous entre les mains de Francisco de Crasto, qui le remercia derechef de la grâce qu'il lui faisait. Un peu après, comme Dominique de Seixas et ses compagnons s'en allèrent prendre congé de ce roi, il leur fit bailler mille turmesTamlung (ตำลึง), monnaie d'argent siamoise qui valait quatre ticaux (4 bahts). d'argent, qui valent douze mille ducats de notre monnaie, et les pria de lui pardonner s'il leur donnait si peu de chose.

Une autre fois, qui fut en l'année 1545, Simon de Melo (6) étant capitaine de la même forteresse de Malacca, un certain Louis de Montarroya (7) venant de la Chine pour aller à PatanePattani (ปัตตานี), royaume malais alors tributaire du royaume de Siam, aujourd'hui thaïlandais., il arriva fortuitement qu'un sien navire battu du vent de traverse fut jeté au port de Chatir, à cinq lieues de Lugorou Ligor, aujourd'hui Nakhon Si Thammarat (นครศรีธรรมราช), dans la péninsule Malaise, au sud de l'isthme de Kra., où toute sa marchandise lui fut prise par le XabandarShahbandar, mot d'origine persane qui désignait le gouverneur d'un port, avec des fonctions de police et de douane. du pays, après que la mer l'eut jeté à bord. Ensuite de cela, lui-même fut fait prisonnier avec tous les autres qui s'étaient sauvés, jusqu'au nombre de vingt-quatre Portugais et cinquante jeunes garçons ou petits enfants qui faisaient en tout le nombre de soixante-dix, et quatre personnes chrétiennes, joint que la marchandise qui fut sauvée de ce naufrage se montait bien à quinze mille ducats. Or la raison que le Xabandar allégua de ceci fut que par l'ancienne coutume du royaume, tous ses biens étaient à lui, de quoi ayant eu nouvelles quelques Portugais qui étaient pour lors à la ville et auxquels Louis de Montarroyo avait rendu compte du désastre par une sienne lettre, après lui avoir envoyé en prison un habit dont il avait grand besoin, il conclurent tous entre eux de faire un Odiaa (8) ou un présent de pièces riches jusqu'à la somme de mille ducats, et de s'en aller trouver le roi au jour qu'on nomme de l'éléphant blanc, qui était dix jours après, et auquel pour être une fête fort solennelle, ce prince a accoutumé de faire plusieurs aumônes à tous ceux qui lui en demandent, et quantité de faveurs aux siens.

Ainsi en la solennité de ce jour qu'ils appellent anida pileu, c'est-à-dire allégresse des gens de bien (9), tous les Portugais qui étaient soixante ou soixante-dix, se mirent en un certain passage d'une rue des neuf principales par où le roi devait passer avec beaucoup de pompe et de majesté. Alors comme ils se virent près de lui, ils se prosternèrent tous par terre, comme c'est la coutume des habitants de Siam ; en même temps, un d'entre eux, député pour cela, se mit à raconter au roi toute l'affaire de Louis de Montarroyo et de ses compagnons de la façon qu'elle s'était passée, lui demandant pour aumône qu'il lui pût commander qu'on délivrât ces pauvres prisonniers, sans parler de la marchandise que le Xabandar avait prise, parce que cela ne lui semblait point raisonnable. Mais le roi qui entendit aussitôt ce que les nôtres lui demandaient, fut touché des larmes qu'il vit répandre à quelques-uns d'entre eux, de manière qu'il fit arrêter l'éléphant blanc sur lequel il était monté, puis portant sa vue sur les Portugais et sur les pièces de présent que quelques-uns avaient en main, comme il sut que leur intention était de les lui offrir : Mes amis, leur dit-il, je tiens pour reçu ce que vous me voulez donner, et vous en sais fort bon gré, car en un jour si solennel, je n'ai pas accoutumé de rien prendre de personne, mais de donner et d'obliger un chacun par bienfaits. C'est pourquoi je vous prie très instamment, pour l'amour de votre dieu de qui je suis et serai toujours serviteur, de vous servir de ces présents pour les partager à ceux des vôtres qui en auront le plus de besoin ; car vous ferez bien mieux de gagner par ce moyen la récompense de cette aumône que vous donnerez pour l'amour de lui, que vous n'aurez d'acquêt en tout ce que je vous saurais donner pour reconnaissance de ce présent, étant véritable que devant lui, je ne suis qu'un petit ver de terre. Quant aux prisonniers que vous me demandez, c'est mon plaisir de vous en faire une aumône, afin qu'en toute liberté ils s'en puissent retourner à Malacca. C'est pourquoi je commande qu'on ait à leur rendre toute la marchandise qu'ils diront leur avoir été prise. Car les choses qui se font pour l'amour de Dieu doivent être accomplies avec beaucoup plus de largesse que n'en requièrent les souffreteux, principalement quand ils les demandent les larmes aux yeux. Là-dessus, les Portugais se prosternèrent tous devant lui. Le jour d'après, le roi par ses lettres patentes, ordonna : Que dans le terme de dix jours, l'on eût à conduire en la ville les prisonniers, avec tout ce qu'on leur avait pris. Ce qui fut incontinent exécuté fort exactement, car on leur remit aussitôt entre les mains toutes la marchandise qu'on avait sauvée du navire, qui se montait, comme j'ai déjà dit, à quinze mille ducats, desquels le roi leur fit don. Pour tout le reste qui était dans le vaisseau, il se perdit par la violence de la tourmente.

Deux ou trois mois après, en cette même années 1545, étant grandement important à ce roi de Siam de se trouver en personne pour repousser l'ennemi qui était le roi des Tuparahos, qui du côté de PassilocoPhitsanulok (พิษณุโลก) dans le nord de la Thaïlande. s'était donné une entrée dans son pays, où il saccageait quelques-unes des places plus faibles, en intention de s'en aller assiéger les forteresses de Xivau et de Lautor, desquelles dépendait toute la sûreté de cet État, il se résolut de s'en en aller lui-même. Il envoya donc par le royaume un nombre de colonels pour faire une certaine levée de gens, avec commission expresse de se rendre dans vingt jours dans cette ville d'Odiaa avec leurs hommes de guerre, car c'était son intention d'en partir en ce temps-là. Par même moyen il commanda à ses chefs, que sur peine d'un rigoureux châtiment, ils n'eussent à dispenser de cette guerre, par un homme qui pût combattre, hormis les pauvres et ceux qui passeraient soixante ans. Sur quoi à chacun de ses colonels fut assignée la province dans laquelle il devait faire ses levées.

Étant donc échu à un certain Quia Raudinaa, vaillant homme et de qualité dont le roi se servait souvent, d'avoir pour son département la frontière de Blanchaa (10), où la plupart des gens pour être grandement riches, tant en argent qu'en marchandises, s'adonnent aux voluptés et aux délices du corps et passent la plupart du temps en festins, en jeux et à tels autres plaisirs de la vie, comme ils virent que Quiay Raudicaa les voulait contraindre de s'en aller en cette guerre, comme il lui était enjoint, ils prirent cela pour un joug trop pesant et pour un fardeau insupportable. Voyant donc que telle chose ne s'accommodait pas bien au genre de vie qu'ils avaient accoutumé de mener, les plus riches du pays s'assemblèrent entre eux et délibérèrent de se dispenser de ce voyage par le moyen d'une grosse somme d'argent qu'ils firent ensemble et qu'ils apportèrent au colonel ; et comme il n'est point de lieu où l'argent ne soit assez puissant pour renverser toutes choses sans qu'il y ait moyen de s'en défendre, le colonel Raudivaa se laissa si bien fléchir à la grande quantité de deniers que ces hommes lui donnèrent qu'il consentit qu'ils ne bougeassent de leurs maisons. De cette façon, il fut contraint de mettre à leur place tout autant de malades, d'estropiés, de pauvres et de vieillards qu'il en trouva dans le pays, sans se soucier des défenses qui étaient portées la commission que le roi lui avait donnée.

Avec ces belles compagnies de gens de guerre, étant arrivé à la ville d'Odiaa, comme il fut question de les produire devant le roi comme tous les autres colonels, chacun desquels faisait montre de ses hommes de guerre, sitôt que ce prince vint à porter sa vue du haut d'une fenêtre où il était sur des hommes si mal faits, si vieux et si pauvrement vêtus, joints que la plupart d'entre eux étaient malades, sans en remarquer un parmi eux dont il pût regarder le visage autrement qu'à regret, il en fit venir devant lui quelques-uns qui étaient en une file, tous fort vieux et malades en apparence. Alors leur ayant demandé quel âge ils avaient, et quelle maladie, ensemble pourquoi ils se présentaient devant lui en si mauvais équipage, un d'eux prenant la parole lui raconta toute l'affaire de la façon qu'elle se passait, ce qui mit le roi si fort en colère qu'à l'heure même, ayant fait venir devant lui le Quiay Raudivaa et tancé publiquement sa malice et sa lâcheté, il le fit lier pieds et mains, puis ayant commandé qu'on eût à fondre cinq turmes d'argent, il les lui fit verser dans la bouche en sa présence, dont il mourut aussitôt. Alors le voyant mort devant lui : S'il est vrai, lui dit-il, qu'il n'ait fallu que cinq turmes d'argent pour te tuer, comment t'imagines-tu que les 500 000 ducats que tu as pris pour dispenser les couards de Banchaa d'aller à la guerre ne seraient pas capables de t'envoyer en l'autre monde ? Dieu te pardonne ton avarice, et à moi le peu de châtiment que je t'en ai fait sentir pour elle.

Ensuite de cela, sans attendre un seul moment, il envoya fouiller la maison du défunt, où l'on trouva les cinq mille turmes qu'il avait eues, qui furent incontinent portées au roi, lequel fit distribuer devant lui cet argent à tous les vieillards et aux pauvres malades que le Raudivaa avait amenés, qui étaient plus de trois mille de nombre, et cet argent se montait à plus de soixante mille ducats de notre monnaie. Cela fait, il les renvoya en leurs maisons, leur recommandant qu'ils eussent à prier Dieu pour lui. Quant à ces efféminés, qui pour n'aller à la guerre avaient donné les cinq milles turmes au colonel, il les envoya tous faire habiller en femmes et les bannit en une île appelée Pullo Caton ; de quoi n'étant pas content, il voulut que leurs biens fussent confisqués comme à des poltrons, et qu'on eût à les distribuer à ceux qui feraient le mieux à la guerre. Et d'autant qu'il aperçut qu'un Portugais des cent soixante qu'il avait alors avec lui était un peu demeuré derrière en un combat que les nôtres avaient donné, où ils firent si vaillamment et avec un tel courage qu'ils gagnèrent la principale forteresse que les ennemis avaient prise en la ville de Lautor, il lui commanda de s'en retourner à Siam, puisqu'il n'était pas tel que ses autres compagnons, et que tant qu'il y demeurerait, il n'eût ni à sortir de la maison, ni se donner le nom de Portugais, sous peine d'avoir la barbe rasée comme les chevaliers de Banchaa, puisqu'il était aussi poltron qu'eux. Comme au contraire à tous les autres, lesquels, comme j'ai déjà dit, étaient cent soixante de nombre, il leur envoya doubler trois fois leur solde et les exempta des droits de leurs marchandises ; joint qu'il voulut qu'en quelque lieu que ce fût de son royaume, ils puissent bâtir des églises où fût adoré le nom du dieu des Portugais, comme étant clair et manifeste qu'il valait plus que tous les autres. Par ces exemples et par ceux que je pourrais ici rapporter en assez grand nombre, il est manifeste combien grandes et louables étaient les inclinations de ce prince, qui pour être gentilPaïen., ne laissait pas d'avoir le naturel grandement bon, et porté aux actions vertueuses.

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NOTES

1 - Certaines dates fournies par Pinto laissent penser qu'il n'a pas pu participer ou être témoin des événements qu'il relate. Ainsi, selon les Chroniques royales, le roi Chairachathirat ne serait mort qu'en 1546, et son fils, le prince Yot Fa, n'aurait été exécuté ou empoisonné qu'en 1648. On est donc assez largement hors du créneau 1540-1545 dans lequel il situe sa présence au Siam. 

2 - Depuis la prise de Malacca par Afonso de Albuquerque en 1511 , la ville était sous administration portugaise. Elle tombera sous la coupe des Hollandais en 1641. Pedro (ou Pero) de Faria fut capitão-mor (capitaine) de Malacca de 1539 à 1542. 

3 - João III le pieux régna sur le Portugal entre 1522 et 1557, date de sa mort. Il établit notamment l'Inquisition dans son royaume en 1536.

ImageJoão III, o Piedoso, roi de Portugal. 

4 - Voir chapitre 181 note 9

5 - Garcia de Noronha (1479-1540) fut le troisième vice-roi des Indes portugaises. À sa mort, c'est Estêvão de Gama, le deuxième fils de Vasco de Gama, qui lui succèda. 

6 - Simão de Melo de Magalhães fut capitaine de Malacca entre 1545 et 1548. 

7 - Ce personnage apparaît au chapitre 171 de la relation, alors que l'auteur se trouve à Pegou. On le retrouve au chapitre 221, en Chine, cette fois. Il est présenté comme un marchand propriétaire d'un navire. Il n'apparaît dans aucune autre relation, à notre connaissance. 

8 - Pinto orthographie le mot comme Odiaa par lequel il nomme la ville d'Ayutthaya. Il faudrait plutôt écrire : adiá, de l'arabe hadyia, qui désigne un cadeau, une offrande. 

9 - Le texte original portugais porte Oniday Pileu. On trouve exactement la même épellation et la même traduction dans le chapitre 27 des Voyages fameux du Sieur Vincent Le Blanc, Marseillais, etc. : Pour l'éléphant blanc, encore qu'il s'en trouve quelquefois, néanmoins ils sont si abêtis que mêmes ils l'adorent. À Siam, on lui faisait une fête solennelle, où il y avait de grandes magnificences, et cette fête se nommait Oniday pileu, c'est-à-dire allégresse des gens de bien. Le roi de Pegu en avait quatre blancs pour son carrosse, il est vrai que je crois qu'en tout le reste de l'Orient on en eût pas trouvé tant. (1648, p. 171). Une telle coïncidence paraît peu crédible, et l'on peut se demander si Pierre Bergeron et Louis Coulon, qui ont adapté le manuscrit du Marseillais, n'ont pas copié ce détail dans la relation de Pinto, publiée une vingtaine d'années auparavant. 

10 - Cortesão (The Suma Oriental of Tomé Pires, I, p. 106) identifie Blanchaa (ou Blanchâ, ou encore Bamcha), comme étant la ville de Bang Saphan (บางสะพาน), au sud de la province thailandaise de Prachuap Khiri Khan (ประจวบคีรีขันธ์), dans la péninsule malaise. 

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