APPENDICE

Un État des officiers, majors, équipages et passagers qui se sont embarqués sur les vaisseaux partis pour le voyage de Siam (1) nous renseigne précisément sur les troupes dont disposait Desfarges pour – selon les termes même de l'instruction donnée à Versailles le 25 janvier 1687 - être en état de tout entreprendre et de porter la terreur dans tous les endroits des Indes s'il convenait au service de Sa Majesté (2) : en plus des officiers en pied et réformés, 24 sergents, 72 caporaux, 12 tambours et 492 soldats, soit 600 hommes répartis en 12 compagnies furent embarqués sur les cinq vaisseaux de l'escadre Vaudricourt. 143 d'entre eux périrent durant la traversée, à cause, affirma Desfarges, de la mauvaise qualité des vivres embarqués sur les flûtes (3).

Nous reproduisons ici en appendice une Liste des Officiers choisis par le Roi pour commander les Compagnies d'Infanterie que sa Majesté envoie à Siam datée de Versailles, le 14 février 1687 et conservée aux Archives Nationales de Paris sous la référence Col. C1/27 f° 46r° et suiv. On pourra comparer les noms cités dans ce document avec ceux mentionnés dans la relation et l'abrégé : il est toutefois vraisemblable que, durant les quinze jours qui s'écoulèrent entre la signature de cet ordre et le départ de l'escadre Vaudricourt, quelques aménagements ou défections de dernière minute modifièrent légèrement la liste.

Première Compagnie

Deuxième Compagnie

Troisième Compagnie

Quatrième Compagnie

Cinquième Compagnie

Sixième Compagnie (6)

Septième Compagnie

Huitième Compagnie

Neuvième Compagnie

Dixième Compagnie

Onzième Compagnie

Douzième Compagnie

NOTES :

1 - A.N. Marine B4 11(2) f° 504r° et suiv. 

2 - A.N. Col. C1/27 f° 16r°. 

3 - A.N. Col. C1/23 f° 220r°. 

4 - En sa qualité de major, le sieur d'Alvimar (ou d'Alvimare) était logiquement désigné pour être commandant de Bangkok. Desfarges, qui le détestait, le démit de cette fonction au profit de Beauchamp. On trouve dans un rapport rédigé au Siam le 27 décembre 1687 et transmis en France par l'ambassade La Loubère (A.N. C1/23, f° 220r°) : le sieur d'Alvimar est homme d'honneur, mais l'emploi de capitaine et major ne lui convient point. Lorsqu'il [Desfarges] fut à la cour de Siam, il fut obligé de donner le commandement de la place sous le sieur de Verdesalle au sieur de Beauchamp, major de la place, qui est un très bon officier. On lit un peu plus loin dans le même document : le sieur d'Alvimar se plaint que M. Desfarges a donné au sieur de Beauchamp le commandement de Bangkok à son préjudice. La phrase suivante, bien que rayée d'une croix, demeure lisible : Il [d'Alvimar] dit que ledit sieur Desfarges le méprise à cause qu'il a été à madame la marquise, et que lorsque M. Constance lui demande qui il est, ledit sieur Desfarges ne répond qu'en riant et secouant la tête d'une manière fort méprisable (A.N. C1/23 f° 221r°). 

5 - Lors du séjour à Pondichéry, Desfarges affecta le sieur de Geoffroy, un des plus sages officiers qui soient, comme aide-major de d'Alvimar. Rudoyé et maltraité par le capitaine, le malheureux enseigne supplia tous les jours Desfarges de le tirer de cet emploi (Desfarges, lettre datée de Pondichéry le 27 février 1689, A.N. Col. C1/25 f° 51r°). 

6 - Cette compagnie était l'une des trois désignées pour investir Mergui sous les ordres de du Bruant. Il semble que son commandement ait été légèrement modifié, puisqu'au début de l'abrégé (f° 150r°), l'auteur cite le lieutenant Kerjulien, qui n'apparaît pas dans cette liste, et l'enseigne Sevin, initialement affecté à la première compagnie. 

7 - D'après le père Le Blanc, le capitaine Hiton, brave officier, mourut noyé le 24 juin 1688 lors de l'abandon de Mergui par du Bruant (Histoire de la révolution du royaume de Siam […], 1692, II, p. 298). 

8 - Il s'agit probablement d'une erreur. De la Roche du Vigier est partout présenté comme capitaine. 

9 - Plantier mourut pendant la traversée. Le rapport cité note 4 (A.N. Col. C1/23 f° 221r°) indique que l'ingénieur Lamare, qui avait renoncé au gouvernement de Mergui et au titre d'Ok-phra pour bénéficier des appointements d'ingénieur que lui avait fait miroiter le chevalier de Chaumont, postula pour remplacer le capitaine décédé. Desfarges, qui avait le sens de la famille, donna la préférence à son fils : Le sieur Plantier étant mort, il [Desfarges] espère qu'on approuvera qu'il ait donné sa compagnie au chevalier Desfarges (A.N. Col. C1/23 f° 220r°). 

10 - Victime du surmenage et du mal du pays, le sieur d'Audibert demanda instamment son rapatriement, ainsi qu'on peut le lire dans le rapport mentionné note 4 (A.N. Col. C1/23 f° 221r°) : le sieur d'Audibert n'ayant pas eu un moment de fête depuis qu'il est à Siam, il supplie de lui permettre de venir servir en France. 

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