Chapitre XII - Des mœurs et des coutumes des Siamois.

Page de la relation de Jacques de Bourges

Les peuples de Siam sont bien faits de corps, ils sont olivâtres et non pas noirs, quoi qu'ils soient sous la zone torride, ils ont le nez plus court que ceux d'Europe, leur naturel est doux, affable aux étrangers, qu'ils respectent plutôt qu'ils ne les méprisent, quoiqu'ils leur soient inconnus. Ils aiment le repos, et ne travaillent que dans la nécessité : les gens de travail sont méprisés parmi eux, et ils n'y emploient que leurs esclaves ; leur grande maxime est d'avoir peu avec le repos, une pauvreté tranquille leur étant plus agréable qu'une abondance de biens accompagnée d'inquiétude, et l'on peut bien dire d'eux qu'ils sont dans le sentiment de ceux qui disent chez le Sage au chapitre quatrième de l'Ecclésiastique : Melior est pugillus cum requie, quàm plens utraque manus cum labore (1). Leurs habits, leurs meubles, leurs maisons, et leur nourriture se ressentent de cette pauvreté : ils vont toujours pieds et têtes nues, les grands et les plus aisés vont par terre sur les éléphants, et par eau en des barques qui sont fort commodes ; ils se couvrent aussi la tête de parasols de toile de coton cirée, il ne coûte pas beaucoup de façon pour leurs habits, qui ne consistent qu'en une étoffe déliée toute blanche, ou marquée de fleurs vives de diverses couleurs dont ils s'enveloppent le corps, et prend la forme d'un habit, comme qui s'envelopperait la tête d'une serviette : ils ne se couvrent les épaules que d'une casaque de toile légère et transparente qui descend jusqu'au genou, les manches en sont courtes, mais larges, ils ne portent cette casaque qu'en ville ; les femmes sont presque vêtues comme les hommes. Ils se rasent les cheveux et s'arrachent la barbe : ils sont fort curieux de se tenir nets, et se lavent souvent en des eaux parfumées. Dans les assemblées des cérémonies ils se parent d'étoffe de soie en broderie d'or et d'argent.

Les maisons du commun sont assez commodes pour leurs usages, elles sont aisées à bâtir, n'étant faites que de bois et de feuilles. Les murailles sont des cannes jointes ensemble liées avec des feuillages, à peine ont-ils des fenêtres ; les maisons sont posées sur des piliers élevés qui les défendent des inondations qui ont de coutume de noyer tous les ans le pays, les personnes riches ont des bâtiments solides faits de brique et couverts de tuiles. Quant à leurs meubles, ils ne consistent qu'en quelques tapis et des coussins. Ils n'ont point l'usage ni de sièges, ni de tables, ni de lits, ni de tapisserie, ni de cabinets, ni de peinture : mais d'autant qu'ils se passent de plus de choses, d'autant les doit-on estimer plus riches. Ils sont assez propres dans leurs maisons ; leur nourriture ordinaire consiste en du riz, et en des fruits que le pays leur fournit en abondance. Ils ne manquent ni de poules, ni de bœufs, ni de venaison, ni de gibier ; mais comme ils croient que c'est un mal que d'ôter la vie aux animaux, ils n'en mangent point pour l'ordinaire, non qu'ils croient que ce soit un péché que de manger de la chair d'une bête déjà morte, mais bien de la tuer pour la manger. Mais comme dans le royaume de Siam il se trouve assez de gens qui méprisent cette superstition, ou ne craignent point de se charger du péché qu'il y a de tuer les animaux, il arrive qu'il y a assez de chairs à vendre, et les Siamois ne refusent pas d'en manger, tirant ainsi du profit du péché de leurs frères.

Ils ne sont pas si scrupuleux à manger le poisson, d'autant qu'on ne lui ôte pas la vie d'une manière cruelle comme aux animaux, ce qui se fait avec effusion de sang, des cris pitoyables et par le moyen d'un fer barbare qu'il leur faut enfoncer dans les entrailles : le poisson au contraire se prend avec des filets et meurt comme de lui-même ; voilà comme raisonnent les Siamois.

Le poisson suivant leur principe est leur mets le plus ordinaire. Ils en ont en abondance et de fort bons, à cause de la multitude et de la grandeur des rivières qui arrosent le pays.

Leur boisson est l'eau claire, ils composent néanmoins une eau-de-vie de riz qu'ils laissent aigrir dans l'eau avec une feuille qu'ils nomment nipre, qui est très forte et enivre comme le vin (2).

Durant notre séjour à Siam, après nos repas qui étaient pour l'ordinaire de poisson, nous prenions le thé, qu'on boit très chaud avec un peu de sucre ; nous nous en trouvions fort bien, et comparant avec les effets du vin ceux que produit ce thé quand on s'en sert dans ces pays où l'estomac est affaibli par la chaleur, et sa force combattue par la qualité de la nourriture, on peut douter qui des deux doit obtenir la préférence, tant cette feuille, dont l'usage est commun aux étrangers qui s'habituent en ce pays, a d'excellentes propriétés, dont la plus remarquable est celle de s'enivrer. En quoi elle est bien différente des autres liqueurs dont usent les hommes, qui étant prises avec excès, leur ôtent ou leur affaiblissent la raison, et le thé la fortifie et la dégage des vapeurs qui empêchent ses fonctions (3).

Comme on vit à bon compte dans Siam, que le peuple y est doux, qu'on connaît leur inclination au repos, et qu'il y a grande liberté soit pour la religion, soit pour le commerce, de là vient qu'il y aborde quantité d'étrangers, les uns comme artisans, d'autres pour le trafic, et d'autres pour la douceur de la vie.

Les Siamois n'ont aucuns exercices pour se rendre adroits ni aux armes, ni à monter à cheval, ni à danser. Ils n'ont point d'étude, ni de philosophie, ni de médecine, ni de mathématique. Leur théologie consiste en quelques fables, toute leur science est à bien écrire et à savoir les lois du gouvernement et de la justice. Au lieu de la médecine raisonnée, ils ont l'expérience de divers remèdes dont ils guérissent assez heureusement les maladies communes. Ils sont sujets à recourir à la magie quand leurs remèdes n'opèrent pas, et sans s'informer de ce que c'est que cette magie, ils se servent de pacts (4), de billets, de figures et de paroles mystérieuses. Ils se montrent aussi fort curieux de savoir l'avenir, et non moins crédules à se laisser surprendre aux imposteurs qui se vantent d'exceller en l'art de deviner.

Leur écriture approche assez de la nôtre, soit pour le caractère, soit pour le nombre de lettres et la façon d'arranger leurs mots qui est de la gauche à la droite (5). Ils n'écrivent qu'avec du crayon sur du papier qui est faible. Un grand livre n'est pour l'ordinaire qu'une seule feuille de papier de plusieurs aunes de long, qui se plie et replie à peu près comme les paravents de nos chambres.

Tout l'État est monarchique et est parfaitement bien gouverné. Le roi est absolu, et s'il assemble ses officiers pour régler les affaires, ce n'est que pour les consulter, ou leur signifier ses intentions, afin qu'ils les fassent exécuter, à quoi ils sont très ponctuels et fidèles.

L'avantage de leur gouvernement consiste principalement en la subordination qui est entre le roi et ses sujets. Le roi fait entendre ses volontés aux officiers de son conseil, ceux-ci aux gouverneurs des provinces, les gouverneurs à d'autres officiers subalternes, et ceux-ci à d'autres maîtres qu'ils appellent najas (6) ; chaque najas est comme un préfet préposé sur un certain nombre de personnes, qui est plus ou moins grand selon la faveur du najas. Il doit répondre des personnes qui sont sous lui, qui lui rendent un particulier respect. Ce gouvernement, comme il est réglé, représente assez bien le vrai usage de la puissance souveraine, chacun fait son devoir et il ne se passe rien avec violence, les manquements de chefs inférieurs sont suppléés ou corrigés par la diligence de supérieurs.

En un mot, la dépendance qui est entre les uns et les autres s'observe avec exactitude, tous ceux qui sont sous un autre, obéissants comme des esclaves ; chacun rend compte en certain temps aux officiers supérieurs, et par degrés tout remonte au roi. Deux choses contribuent le plus à la bonne administration du pays : l'une est que tous les officiers sont destituables au gré du prince qui les établit, il les dépose comme il lui plaît, ce qui fait que chacun pense à bien faire son devoir ; l'autre chose est que dans la distribution des charges, l'on a principalement égard aux mérites, aux emplois et aux services qu'on a rendus, et non point à la naissance, ce qui fait que chacun s'applique à se rendre digne de la faveur du prince par la recommandation de son mérite personnel. Les respects qu'ils rendent au roi sont fort grands et passent les bornes que la condition d'une créature y doit mettre, l'honorant à l'égal d'une divinité, en quoi ils montrent leur aveuglement. Ils ne parlent au roi qu'à genoux, les mains jointes élevées sur leurs têtes, ce qui est la marque du plus profond respect, et tous courbés contre terre, sans oser l'envisager. Ils le qualifient roi des rois, seigneur des seigneurs, le maître des eaux, le tout-puissant de la terre, le dominateur de la mer, l'arbitre du bonheur et de l'infortune de ses sujets. Voilà de quelle sorte la flatterie des hommes attribue aux grands des qualités qui n'appartiennent qu'à Dieu. La religion chrétienne enseigne des sentiments plus modestes, et commandant de la part de Dieu aux sujets d'obéir à leurs souverains, elle apprend aux mêmes souverains à craindre Dieu et à se reconnaître pour hommes, qui n'ont reçu de lui la puissance qui les élève que pour le bien des sujets qui leur sont soumis.

Ce qui contribue davantage à augmenter le respect religieux que les peuples de Siam rendent à leur souverain, est la pratique qu'il a de se faire voir à ses peuples à certains jours de cérémonie, avec le plus d'éclat et de pompe qu'il est possible. Il se montre en cet état de magnificence plusieurs fois l'année, tant sur terre que sur l'eau ; toute la cour superbement parée l'accompagne. Lorsqu'il sort par terre, il est porté sur un éléphant, dans un trône superbement paré, le nombre de sa suite va à dix mille personnes. Mais la sortie la plus pompeuse est celle qui se fait par eau, à cause du grand nombre de galères (7) qui l'accompagnent, qui est de trois à quatre cents, qui sont dorées par-dedans et par-dehors, et qui portent chacune trente ou quarante rameurs de chaque côté, dont quelques-uns ont le bras et les épaules dorées. Ces rameurs fendent les vagues avec une incroyable vitesse, et les rivages de la rivière de Siam retentissent au loin du bruit des flots agités par le mouvement des rames (8).

La galère qui porte le roi est éclatante d'un or très fin, elle en est enrichie jusque sous l'eau ; dessus on élève un trône magnifique ; le roi y paraît, revêtu d'habits précieux et couvert d'une couronne toute d'or, garnie de fins diamants. De cette couronne pendent deux ailes d'or sur les épaules du roi ; tous les seigneurs et les officiers de la Couronne suivent le roi, chacun dans une galiote parée à proportion de sa puissance, de ses moyens et de ses charges. Les rivages sont bordés des peuples qui accourent en foule et qui font retentir l'air de cris d'allégresse. Le prince, pour ne paraître pas moins pieux qu'Auguste, ne manque pas en ces jours de cérémonie de visiter quelques temples fameux, et de faire de magnifiques présents aux sacrificateurs qui en entretiennent le culte. La fin qu'on se propose et le fruit qu'on remporte de ces cérémonies, est de maintenir le peuple dans la vénération de la majesté royale, étant certain qu'il a besoin d'avoir les yeux éblouis de l'éclat des magnificences extérieures pour être retenu dans le respect et dans la soumission.

Je dirai un mot des monnaies ; il y a beaucoup d'argent à Siam, et celui de leur principale monnaie est fort fin et d'une figure presque ronde marquée au coin du prince, qui s'appellent ticals, qui valent 37 sols de notre monnaie de France. Il y a une autre monnaie nommée mayon qui vaut le quart d'un tical ; ils ont aussi des fouants qui valent la moitié d'un mayon, et des sompaya qui valent la moitié des fouants ; l'argent de ces monnaies est fort raffiné (9).

Nous avons déjà remarqué que les étrangers trouvent un facile accès en tout ce royaume, soit pour s'y établir et y vivre selon leurs lois, soit pour y exercer le trafic ou les arts auxquels ils excellent. J'ajouterai seulement qu'on ne les gêne en quoi que ce soit, pourvu qu'ils ne fassent rien contre l'état et l'autorité du prince ; et pour prévenir les désordres que pourraient causer les étrangers, ils ont soin de préposer à chaque nation un peu considérable, un chef d'entre eux, qui doit répondre de tous ceux de son pays ; de plus, le roi nomme un seigneur de sa cour ou de ses officiers pour être comme le protecteur et le patron particulier de cette nation. C'est à ce seigneur que doit s'adresser ce chef, soit pour apprendre les volontés du roi sur les requêtes qu'il présente, soit pour ses intérêts et les affaires qui regardent sa nation. Outre cela, comme la ville de Siam est partagée en plusieurs îles par les canaux que forme la rivière, on a soin de ranger chaque nation et de la placer en quelque île ou quartier séparé, ce qui fait qu'il y a peu de querelles, qui sont souvent excitées par le mélange des nations qui ont des antipathies naturelles. Ils obligent encore tous les étrangers qui s'habituent en Siam de renouveler tous les ans, dans un certain jour solennel, le serment de fidélité qu'ils jurent au roi. Cette cérémonie s'observe avec soin, tous les officiers de la couronne et les étrangers y doivent assister. Le roi monté sur un trône reçoit ce serment, que chacun lui prête selon son rang ; après quoi on lui donne à boire d'une eau qu'ils nomment eau de jurement, qui est estimée sainte parmi eux, et pour cet effet a été préparée par les sacrificateurs des idoles avec des cérémonies remplies de superstition. Les sacrificateurs tenant la pointe d'une épée dans cette eau, lancent plusieurs imprécations contre les parjures, dans la croyance que tous ceux qui ne promettront pas au roi fidélité avec un cœur sincère, périront à l'instant et seront suffoqués par cette eau sacrée. On peut bien conclure qu'ils sont tous, ou fort sincères, ou que cette eau a peu de vertu, puisqu'on n'en voit jamais mourir aucun après la cérémonie (10).

CHAPITRE SUIVANT

NOTES

1 - L'Écclesiaste 4,6 : la citation est tronquée : Melior est pugillus cum requie quam plena utraque manus cum labore et adflictione animi. (Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent). 

Alcool blanc

2 - L'alcool de riz (Lao Khao, littéralement alcool blanc : หล้าข้าว) se consomme toujours dans le royaume, et son prix très bas en fait une boisson particulièrement populaire dans les populations à faibles revenus. La marque approuvée par le gouvernement (Sura Khao : สุราขาว ) se décline en deux concentrations, 35° et 40°. Toutefois, dans les campagnes, on trouve parfois des alcools fabriqués localement, présentés davantage comme des médicaments que comme des boissons. Les remèdes macérés (ya dong : ยาดอง), censés avoir des vertus énergisantes ou antalgiques, sont élaborés à base de riz gluant distillé, auquel on peut ajouter du lait de noix de coco, des bulbes de taro, du sucre de canne ou de palme, des écorces et des herbes médicinales. Parfois encore, on y fait macérer un serpent ou un scorpion. La teneur en alcool de ces remèdes peut dépasser 80°. 

3 - Les missionnaire, au cours de leur voyage, avaient déjà découvert le caphé, boisson ayant la propriété de fortifier l'estomac, de faciliter la digestion, et de purifier les vapeurs de la tête.

Le thé (cha : ชา) de type Oolong (cha oolong : ชาอูหลง) a certainement été introduit au Siam par les émigrés chinois établis dans le royaume, notamment à Chonburi, Rayong et Ayutthaya. Toutefois, ce qu'on appelle aujourd'hui thé thaïlandais désigne un thé glacé fort (ชาเย็น), confectionné à partir de thé de Ceylan, d'Assam, ou de Bai Miang (ใบเมี่ยง) additionné de lait, de sucre, parfois d'anis étoilé, de jus d'orange, de graines de tamarin, etc.

ImageRécolte du thé dans la région de Chiang Rai. 

4 - De pactes. Selon Littré, cette orthographe, également utilisée par La Fontaine, était déjà un archaïsme à cette époque. 

5 - C'est le roi Ramkhamhaeng (พ่อขุนรามคำแหงมหาราช) qui, à la fin du XIIIe siècle, élabora les premiers éléments de l'écriture siamoise, à partir de l'écriture khmère. Dans son Journal du 28 avril 1685, l'abbé de Choisy indique que l'alphabet siamois comporte trente-trois lettres, pas de conjugaison et beaucoup d'adverbe. Tavernier confirme ce chiffre : Les Siamois ont trente-trois lettres dans leurs alphabets. Ils écrivent comme nous autres de la main gauche à la droite, tout au contraire des peuple du Japon, de la Chine, de la Cochinchine, et de Tonkin, qui conduisent leur écriture de la main droite à la gauche, et depuis le haut de la page jusqu'au bas. (Voir la Relation de Jean-Baptiste Tavernier). Dans sa Relation, La Loubère dénombre pour sa part 37 lettres. L'alphabet thaï moderne comporte 44 consonnes (dont 2 aujourd'hui abandonnées).

ImageL'alphabet thaï reproduit dans la relation du voyage de La Loubère.
ImageLes 44 consonnes de l'alphabet thaï actuel. 

6 - Plus probablement naï chao (นายเจ้า) qui peut se traduire par seigneur, ou maître. 

7 - Ce sont ces galères que les relations désignaient sous le terme de balons.

ImagePagayeurs. Illustration extraite de la Relation de La Loubère.

8 - La magnificence de ces sorties royales a profondément marqué tous les voyageurs occidentaux. Dans son Journal du 8 octobre 1685, l'abbé de Choisy note : On ne voyait que balons sur la rivière. Tout cela s’est rangé en bataille sur deux colonnes : le balon du roi au milieu où était son Excellence, à droite et à gauche les douze balons des mandarins maîtres des cérémonies ; et à la queue de tous, les balons de suite et de bagage. Le chevalier de Forbin lui-même, peu prompt à s'émerveiller des splendeurs du Siam, écrit : Parmi ces balons, on en voit de superbes ; ils représentent, pour la plupart, des figures de dragons ou de quelque montre marin, et ceux du roi sont entièrement dorés. Dans la multitude de ceux qui s’étaient rendus près du logis de M. l’ambassadeur, il y en avait peu qui ne fussent magnifiques.

ImageEntrée des ambassadeurs français dans la rivière de Siam à l'embouchure de Siam.

Entrée des ambassadeurs français dans la rivière de Siam à l'embouchure de Siam ; il y a des deux côtés une batterie de canon, lorsque les français en sortirent ils y avaient tendu une chaîne avec des galères des deux côtés et des pieux comme de gros arbres plantés sur la barre pour fermer l'entrée de la rivière ; tous les balons ou bateaux dorés servirent à l'entrée des ambassadeurs, ce qui causa un fort beau spectacle sur le cour de la rivière. Dessin extrait du dossier anonyme Usages du Royaume de Siam en 1688, acquis du père Pourchot lors de la dissolution des Jésuites en 1762, et conservé à la Bibliothèque Nationale. 

9 - Voir sur ce site la page consacrée aux monnaies anciennes du Siam

10 - Cette cérémonie, appelée theu nam (ถือน้ำ), littéralement : tenir l'eau (d'allégeance), était l'adaptation siamoise d'un rituel brahmanique. Elle avait lieu deux fois par an, et fut abolie en 1932, lorsque la monarchie devint constitutionnelle. 

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