VI - Visites protocolaires et tourisme.

Page de la Relation du chevalier de Chaumont

Le 19, il vint nombre de mandarins me saluer, et M. Constance m'envoya des présents de fruits et de confitures du pays. Le même jour, M. l'évêque de Métellopolis fut appelé chez le roi pour expliquer la lettre de Sa Majesté (1).

Le 22, le roi m'envoya plusieurs pièces de brocart, des robes de chambre du Japon et une garniture de boutons d'or, et aux gentilshommes qui m'accompagnaient quelques étoffes or et argent des Indes, la coutume du royaume étant que l'on y fait des présents en arrivant, pour qu'on s'habille à leurs modes. Mais pour moi je n'en fis point faire d'habits et il n'y eut que les gentilshommes de ma suite qui en usèrent de cette façon. Sur le soir, étant accompagné de M. l'évêque, j'allai rendre visite à M. Constance.

Le 24, le roi me fit dire par lui qu'il me donnerait audience le lendemain au matin.

Le 25, je me rendis au palais avec toute ma suite et M. l'évêque. Le roi me donna audience particulière où il se dit bien des choses dont j'ai rendu compte à Sa Majesté. Je dînai dans le jardin du palais sous de grands arbres, et on me servit quantité de viandes et de fruits à différents services. Le couvert que l'on servait pour moi était dans de l'or, et ce que l'on servait pour les gentilshommes qui m'accompagnaient et autres personnages qui mangeaient avec moi était dans de l'argent. Les plus grands mandarins du roi, comme les grands trésoriers, les capitaines de ses gardes et autres, nous servaient. Ce repas dura plus de trois ou quatre heures. Il y avait dans le jardin un étang dans lequel il y avait nombre de poissons fort curieux, entre autres un qui représentait le visage d'un homme.

Le 29 j'allai rendre visite au barcalon (2), Premier ministre du roi de Siam, qui me parut homme d'esprit. M. l'évêque m'y accompagna et interpréta ce que je lui dis.

Le 30, j'allai au palais pour voir la pagode ou temple domestique du roi de Siam. Il se faisait alors dans la cour du palais un combat, ou pour mieux dire une manière de combat de l'éléphant, car les éléphants étaient attachés par les deux jambes de derrière, sur chacun desquels deux hommes étaient montés, qui tenaient en leur main un croc avec quoi ils les gouvernaient comme on fait les chevaux avec la bride. Ils leur en donnaient plusieurs coups pour les animer. Les éléphants se fussent bien battus s'ils en eussent eu la liberté. Ils se donnaient seulement quelques coups de dents et de leurs trompes. Le roi y était présent, mais je ne le vis point. Nous passâmes de cette cour dans plusieurs autres et ensuite nous allâmes dans la pagode. Le portail en paraît être fort antique et très bien travaillé, le bâtiment assez beau et fait en forme de nos églises en Europe. Nous y vîmes plusieurs statues de cuivre doré qui semblaient offrir des sacrifices à une grande idole toute d'or d'environ quarante pieds de haut. Au côté de cette grosse idole il y en avait plusieurs autres petites, dont quelques-unes d'or avaient des lampes allumées depuis le haut jusqu'en bas. Au fond de cette pagode il y a une très grande idole sur un mausolée d'un très grand prix. J'allai ensuite dans une autre pagode tenant à cette première et je passai sous une voûte en forme de cloître où il y avait des idoles de chaque côté, toutes dorées, de deux pieds en deux pieds, qui avaient devant elles chacune une petite lampe que les talapoins (3), qui sont les prêtres des Siamois, allument tous les soirs. Dans cette pagode était le mausolée de la reine, morte depuis quatre ou cinq ans (4). Il est assez magnifique, et derrière ce mausolée était celui d'un roi de Siam, représenté par une grande statue couchée sur le côté et habillée comme les rois le sont aux jours de cérémonie. Cette statue pouvait bien avoir 25 pieds de long, elle était de cuivre doré. J'allai encore dans d'autres endroits où il y avait nombre de ces statues d'or et d'argent ; plusieurs avaient de très beaux diamants et des rubis aux doigts. Je n'ai jamais vu tant d'idoles et tant d'or. Le tout n'était beau que parce qu'il y avait beaucoup de richesses.

J'allai voir ensuite les éléphants. Il y en a grand nombre et d'une grosseur prodigieuse. Je vis une pièce de canon de fonte, fondue à Siam, de 18 pieds de long, de 14 pouces de diamètre à l'embouchure, et d'environ 300 livres de balles. Il y a nombre de canons de fonte dans le royaume, qu'ils fondent eux-mêmes.

Le 31, on fit la réjouissance de l'avènement à la couronne du roi de Portugal (5), où il fut tiré nombre de coups de canon et feux d'artifice par les vaisseaux étrangers.

Le lendemain, 1er novembre, M. Constance me convia à un grand festin qui se faisait pour la réjouissance de cet avènement : je m'y trouvai. Tous les Européens de la ville y étaient et on tira toute la journée du canon sans discontinuer. Après le repas il y eut comédie : les Chinois commencèrent les postures ; il y avait des Siamois, mais je n'entendais point ce qu'ils disaient. Leurs postures me paraissaient ridicules et n'approchent point de celles de nos baladins en Europe, à la réserve de deux hommes qui montaient au haut de deux perches fort élevées, qui avaient au bout une petite pomme, et se mettant debout sur le haut, ils faisaient plusieurs postures surprenantes. Ensuite on joua les marionnettes chinoises, mais tout cela n'approche point de celles d'Europe.

Le dimanche 4, M. Constance me dit que le roi devait sortir pour aller à une pagode où il a accoutumé d'aller tous les ans (6), et me pria de l'aller voir passer, m'ayant fait préparer une salle sur l'eau. J'y allai avec lui et toute ma suite. Après y avoir resté un peu de temps, il parut un grand balon bien doré, dans lequel était un mandarin qui venait voir si tout était en ordre. À peine fut-il passé que je vis plusieurs balons où étaient les mandarins du premier rang, qui étaient tous habillés de drap rouge. Ils ont coutume, en ces jours d'assemblée, d'être tous habillés d'une même couleur, et c'est le roi qui la nomme (7). Ils avaient des bonnets blancs en pointe, fort élevés, et les oyas avaient au bas de leurs bonnets un bord d'or. À l'égard de culottes, c'était une manière d'écharpe, comme j'ai dit. Après eux venaient ceux du second ordre, les gardes du corps, plusieurs soldats, et puis le roi dans un balon accompagné de deux autres qui étaient très beaux. Les rameurs des trois balons étaient habillés comme les soldats, à la réserve qu'ils avaient une espèce de cuirasse et un casque en tête, que l'on disait être d'or. Leurs pagaies ou rames étaient toutes dorées, ainsi que tous les balons, ce qui faisait un très bel effet. Il y avait 185 rameurs sur chacun de ces balons, et sur ceux des mandarins environ 100 et 120 sur chacun. Il y avait des gardes du corps qui suivaient et plusieurs autres mandarins qui faisaient l'arrière-garde. Le roi était habillé très richement, avec quelques pierreries. Je le saluai en passant, et il me salua aussi. Il y avait à ce cortège 140 très beaux balons, et cela paraissait beaucoup sur la rivière, allant tous en bon ordre. Après dîner j'allai dans mon balon voir le reste de la cérémonie. Sur le soir le roi changea de balon et promit un prix à celui des balons qui, à force de rames, arriverait le premier au palais. Il se mit de la partie, il devança de beaucoup les autres, et ainsi ses rameurs remportèrent le prix (8) ; je ne sais point de combien il était. Les autres balons repassèrent sans ordre, très vite. Toute la rivière était couverte de balons des particuliers qui étaient venus pour voir le roi, ce jour-là étant destiné pour se montrer à son peuple, et je crois qu'il y avait plus de 100 000 âmes pour le voir.

Le soir il y eut un feu d'artifice en réjouissance du couronnement du roi d'Angleterre (9). Il était assez bien inventé. Les vaisseaux étrangers tirèrent grand nombre de coups de canon.

Le 5 on continua cette fête et on tira du canon toute la journée. M. Constance me donna à dîner, où tous les Européens étaient, où je fus très bien régalé.

Le 8, le roi partit pour Louvo (10), qui est une maison de plaisance où il demeure huit ou neuf mois de l'année, à vingt lieues de Siam.

Le 15, je partis pour m'y rendre. Je couchai en chemin dans une maison qui avait été bâtie pour moi. Elle était de la même manière que celles où j'avais été logé depuis mon débarquement jusqu'à la ville de Siam. Elle était proche d'une maison où le roi va coucher quand il va à Louvo. J'y restai le 16, et le 17 je partis pour m'y rendre. J'y arrivai le même jour sur les huit heures du soir. Je trouvai cette maison du roi assez bien bâtie à la mauresque, et on peut dire très bien pour le pays. En y entrant l'on passe par un jardin où il y a plusieurs jets d'eau ; de ce jardin on montait cinq ou six marches et l'on entrait dans un salon fort élevé, où l'on prenait le frais. J'y trouvai une belle chapelle et un logement pour tous ceux qui m'accompagnaient.

Le lundi 19, le roi me donna audience particulière. Après dîner j'allai me promener sur les éléphants, dont la marche est fort rude et fort incommode. J'aimerais mieux faire dix lieues à cheval qu'une sur un de ces animaux.

Le 23, M. Constance me dit que le roi voulait me donner le divertissement d'un combat d'éléphants, et qu'il me priait d'y mener les capitaines qui m'avaient amené, pour le leur faire voir, qui étaient MM. de Vaudricourt et de Joyeuse (11). Nous y allâmes sur des éléphants, et le combat se donna de la même manière que j'en ai récité un ci-devant.

Le roi fit venir les deux capitaines et leur dit qu'il était bien aise qu'ils fussent les premiers capitaines du roi de France qui fussent venus dans son royaume, et qu'il souhaitait qu'ils s'en retournassent aussi heureusement qu'ils étaient venus. Il leur donna à chacun un sabre dont la poignée et la garde étaient d'or, et le fourreau presque tout couvert aussi d'or, une chaîne de philagrammeAncienne orthographe de Filigrane, terme d'orfèvrerie désignant un ouvrage fait de fils de métal, entrelacés et soudés sur une même pièce de métal. (Petit Robert). d'or fort bien travaillée et fort grosse, comme pour servir de baudrier, une veste d'une étoffe d'or garnie de gros boutons d'or. Comme M. de Vaudricourt était le premier capitaine, son présent était plus beau et plus riche. Le roi leur dit de se donner de garde de leurs ennemis en chemin. Ils répondirent que Sa Majesté leur donnait des armes pour se défendre, et qu'ils s'acquitteraient bien de leur devoir. Ces capitaines lui parlèrent sans descendre de dessus leurs éléphants. Je vis bien que, sous prétexte d'un combat d'éléphants, il voulait faire ce présent aux capitaines devant beaucoup d'Européens qui étaient présents, afin de donner une marque publique de la distinction particulière qu'il voulait faire de la nation française, et j'appris en même temps que le roi avait ce jour-là donné audience aux chefs de la Compagnie anglaise dans son palais. Ils sont obligés de se conformer à la manière du pays, c'est-à-dire prosternés contre terre et sans souliers. Après, le roi s'en retourna et j'allai voir un éléphant qui avait été amené par les femelles, qui sont instruites à aller dans les bois, avec un homme ou deux à leur conduite, jusqu'à 25 ou 30 lieues, chercher des éléphants sauvages, et quand elles en ont trouvé, elles font en sorte de les amener jusque proche de la ville, dans un lieu destiné pour les recevoir. C'est une grande place creusée en terre et revêtue d'une muraille de brique qui la relève, fort élevée. Il y a une seconde enceinte de gros pieux d'environ quinze pieds de haut, entre lesquels il peut facilement passer un homme, et une double porte de mêmes pieux et de même hauteur, qui se ferme par le moyen d'une coulisse, de telle manière que, quand un éléphant est dedans, il n'en peut sortir. Les éléphants femelles entrent les premières, les autres sauvages les suivent, et on ferme la coulisse.

Ce même jour M. Constance fit présent aux deux capitaines de plusieurs porcelaines et ouvrages du Japon d'argent, et autres curiosités.

Le samedi 24, je montai à cheval pour aller voir prendre les éléphants sauvages. Le roi étant arrivé au bout de cette place qui était ceinte de pieux et de muraille, il y entrait un homme qui allait avec un bâton attaquer l'éléphant sauvage, qui, dans le même temps, quittait les femelles et le poursuivait. L'homme continua ce manège et amusa cet éléphant sauvage jusqu'à ce que les femelles qui étaient avec lui sortissent de la place par la porte, qui fut aussitôt fermée par la coulisse, et l'éléphant se voyant seul renfermé, il se mit en furie. L'homme l'alla encore attaquer, et au lieu de s'enfuir du côté qu'il avait accoutumé, il s'enfuit par la porte et passa à travers des pieux. L'éléphant le suivit, et quand il fut entre les deux portes, on l'enferma. Comme il était échauffé, on lui jeta quantité d'eau sur le corps pour le rafraîchir. On lui amena plusieurs éléphants proche de lui, qui lui faisaient des caresses avec leurs trompes comme pour le consoler. On lui attacha les deux jambes de derrière et on lui ouvrit la porte. Il marcha cinq ou six pas. Il trouva quatre éléphants en guerre, l'un en tête pour le tenir en respect, deux autres qu'on lui attacha à ses côtés et un derrière qui le poussait avec sa tête. Ils le menèrent de cette manière sous un toit où il y avait un gros poteau planté où on l'attacha, et on lui laissa deux éléphants à ses côtés pour l'apprivoiser, et les autres s'en allèrent. Lorsque les éléphants sauvages ont resté quinze jours de cette manière, ils reconnaissent ceux qui leur donnent à manger et à boire et les suivent. Après, ils deviennent en peu de temps aussi privés que les autres. Le roi a grand nombre de ces femelles qui ne font autre chose que d'aller chercher des éléphants.

Le lundi 25, j'allai voir un combat de tigre contre trois éléphants ; mais le tigre ne fut pas le plus fort. Il reçut un coup de dent qui lui emporta la moitié de la mâchoire, quoique le tigre fit fort bien son devoir (12).

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NOTES

1 - Cette lettre fut traduite par Louis Laneau, qui était au Siam depuis 1664 et parlait parfaitement le siamois. Le père Tachard en donne une transcription dans sa relation :

Très haut, très excellent et très magnanime prince, notre très cher et bon ami, Dieu veuille augmenter votre grandeur avec une fin heureuse.

J'ai appris avec déplaisir la perte des ambassadeurs que vous nous envoyâtes en l'année 1681, et nous avons été informés par les pères missionnaires qui sont revenus de Siam, et par les lettres que nos ministres ont reçues de la part de celui à qui vous confiez le principal soin de vos affaire, l'empressement avec lequel vous souhaitez notre amitié royale. C'est pour y correspondre que nous avons choisi le chevalier de Chaumont pour notre ambassadeur près de vous, qui vous apprendra plus particulièrement nos inclinations sur tout ce qui peut contribuer à établir pour toujours cette amitié solide entre nous. Cependant nous seront très aises de trouver les occasions de vous témoigner la reconnaissance avec laquelle nous avons appris que vous continuez votre protection aux évêques et missionnaires apostoliques qui travaillent à l'instruction de vos sujets dans la religion chrétienne, et notre estime particulière pour vous nous fait désirer ardemment ce que vouliez bien vous-même les écouter et apprendre d'eux les véritables maximes et les mystères sacrés d'une si sainte loi, dans laquelle on a la connaissance du vrai Dieu, qui seul peut, après vous avoir fait régner longtemps et glorieusement sur vos sujets, vous combler d'un bonheur éternel.

Nous avons chargé notre ambassadeur de quelques présents des choses les plus curieuses de notre royaume, qu'il vous présentera comme une marque de notre estime, et il vous expliquera aussi ce que nous pouvons désirer pour l'avantage. Sur ce, nous prions dieu qu'il veuille augmenter votre grandeur avec toute fin heureuse.

Fait en notre château de Versailles le vingt-et-unième jour de janvier 1685.

Votre très cher et bon ami,
Louis

COLBERT  

2 - Ce mot d'origine portugaise (Barcalão), lui-même déformation du mot siamois Phra Khlang (พระคลัง), désignait une sorte de Premier ministre, chargé tant des finances que des affaires étrangères.

ImageVrai portrait du grand et illustre barcalon du roi de Siam (1691). 

3 - L'étymologie du mot talapoin est incertaine. Larousse indique une originaire portugaise, tala pão, de l'ancien birman tala poi, monseigneur. Certains la font dériver du siamois talaphat (ตาลปัตร), nom du grand éventail que les moines tiennent pendant les cérémonies. Voici ce qu'écrivait La Loubère : Les talapoins ont des parasols en forme d’écran qu’ils portent à la main. Ils sont d’une feuille de palmite coupée en rond et plissée, et dont les plis sont liés d’un fil près de la tige ; et la tige, qu’ils rendent tortue comme un S en est le manche. On les appelle talapat en siamois, et il y a l’apparence que c’est de là que vient le nom de talapoi ou talapoin, qui est en usage parmi les étrangers seulement, et qui est inconnu aux talapoins même, dont le nom siamois est tchàou cou.

ImageTalapoins modernes tenant des talapats. 

4 - Il s'agissait de la sœur du roi Naraï, Sri Chulalok (ศรีจุฬาโลก) ou Phra Racha Kalayani (พระราชกัลยาณี), morte vers 1680. 

5 - Pedro II o Pacífico (Pierre II le Pacifique) fut couronné roi de Portugal en 1683 et règnera jusqu'à sa mort en 1706. 

6 - Compte tenu de la date et de la régate qui a suivi, il s'agissait de la cérémonie de Thod kathin (ทอดกฐิน) qui, généralement en novembre, suit Ok phansa (ออกพรรษา), la fin du carême bouddhiste. Au cours de cette cérémonie particulièrement importante dans l'année liturgique bouddhiste, il est de tradition d'offrir des robes aux bonzes.

ImageLe roi Phumiphon Adunyadet faisant des offrandes aux bonzes à l'occasion de la fête de Kathin. 

7 - Peut-être plutôt la tradition adaptée de la cosmologie indienne qui consiste à attribuer une couleur à chaque divinité tutélaire du jour. Tous les Thaïlandais connaissent la couleur du jour, et c'est un signe de bonne éducation de porter sur soi, même discrètement, un élément qui la rappelle. Le 4 novembre 1685 était un dimanche, jour traditionnellement associé au rouge, couleur du soleil. 

8 - Ce n'était pas forcément une bonne chose, comme le note H. G. Quaritch Wales dans son ouvrage Siamese State Ceremonies (1931, p. 211) : « Pendant la période d'Ayutthaya jusqu'en 1767, cette fête prenait la forme d'une régate dans laquelle les bateaux du roi, de la reine et d'un certain nombre de dignitaires prenaient place. Des pronostics étaient tirés du résultat : si le bateau du roi perdait, c'était le présage de la prospérité du royaume, mais s'il gagnait, c'était un signe de prochaines calamités et et de famine. Ces divinations étaient évidemment des survivances brahmaniques, car nous trouvons de tels rites liés à de nombreuses cérémonies hindoues. » 

9 - James II of England (Jacques II d'Angleterre) avait été couronné le 23 avril 1685. Il était cousin germain de Louis XIV. Converti au catholicisme, il fut renversé et se réfugia en France où il mourut en 1701. 

10 - Lopburi (ลพบุรี) à environ 70 km d'Ayutthaya, où le roi Naraï avait un palais dans lequel il passait la plus grande partie de l'année. 

11 - Joyeux d'Oléron, le capitaine de la Maligne

12 - La Bibliothèque nationale conserve un recueil de dessins coloriés anonyme intitulé Usages du Royaume de Siam, cartes, vues et plans : sujets historiques en 1688. Il est mentionné sur la page de garde : Acquis du père Pourchot lors de la dissolution des Jésuites en 1762. Il apparaît donc que l'auteur de ces dessins faisait partie de l'ambassade Céberet - La Loubère qui arrivera au Siam en septembre et octobre 1687. Ces 36 dessins sont des bijoux de fraîcheur et de naïveté. L'un est consacré au combat d'un éléphant et d'un tigre, avec cette légende : Combat d'un tigre avec des éléphants. Quelquefois l'on voit l'éléphant prendre avec sa trompe le tigre par le milieu du corps et le jeter en l'air quand son cornac ou l'homme qui est dessus lui ordonne. Il le foule avec les pieds ou le reçoit sur ses dents. Le tigre tâche principalement de prendre la trompe avec ses griffes et l'éléphant [illisible].

ImageCombat d'un éléphant avec un tigre. Dessin colorié anonyme. 1688. 

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