IV - En attendant l'audience.

Page de la Relation du chevalier de Chaumont

Le 29 [septembre 1685], M. l'évêque vint à bord avec M. l'abbé de Lionne. Ils m'informèrent de tout ce qui s'était passé. Ils me dirent que le roi de Siam ayant appris sur le minuit mon arrivée par M. Constance (1), un de ses ministres, il en témoigna une très grande joie et lui donna ordre d'en aller avertir M. l'évêque et de dépêcher deux mandarins du premier ordre, qui sont comme les premiers gentilshommes de la Chambre du roi en France, pour me venir témoigner la joie qu'il avait de mon arrivée. Ils vinrent deux jours après à mon bord. Je les reçus dans ma chambre, assis dans un fauteuil, M. l'évêque sur un petit siège proche de moi, et eux, de même qu'une partie des personnes du vaisseau qui s'y trouvèrent, s'assirent sur les tapis dont le plancher de ma chambre était couvert, étant la mode dans ce royaume de s'asseoir de cette manière et qu'aucune personne, hormis celles qu'ils veulent traiter avec une grande distinction, ne soit élevée au-dessus d'eux.

Ils me dirent que le roi leur maître les avait chargés de me venir témoigner la joie qu'il avait de mon arrivée, et d'avoir appris que le roi de France, ayant vaincu tous ses ennemis, était maître absolu dans son royaume, jouissant de la paix qu'il avait accordée à toute l'Europe (2). Après leur avoir marqué combien je me sentais obligé aux bontés du roi leur maître et leur avoir répondu sur le sujet de Sa Majesté, je leur dis que j'étais extrêmement satisfait du gouverneur de Bangkok, de la manière dont il avait reçu ceux que je lui avais envoyés (3), ainsi que des présents qu'il m'avait faits. Ils me répondirent qu'il avait fait son devoir, puisqu'en France on avait si bien reçu les envoyés du roi leur maître, et que d'ailleurs ce bon traitement m'était dû par mes anciens mérites, pour avoir autrefois ménagé l'union entre le royaume de Siam et celui de France (4). Ce sont leurs manières de parler, qui tiennent beaucoup du figuré. Après les avoir traités avec les honneurs et les civilités qui sont en usage en pareils rencontres dans ce royaume-là, je leur fis présenter du thé et des confitures. Ces deux mandarins étaient bien faits, âgés d'environ 25 ans, et habillés à leur mode. Ils étaient nu-tête, pieds nus, sans bas et ayant une manière d'écharpe fort large qui leur prenait depuis la ceinture jusqu'aux genoux, sans être plissée, qui leur passait entre les jambes, se rattachant par-derrière et retombant comme des hauts-de-chausses qui n'auraient point de fond. Cette écharpe était de toile peinte des plus belles du pays, ayant par en bas une bordure bien travaillée, large de quatre doigts et qui leur tombait sur les genoux. De la ceinture en haut ils n'avaient rien qu'une manière de chemise de mousseline, qu'ils laissent tomber par-dessus cette écharpe, les manches ne leur venant qu'un peu au-dessous du coude, passablement larges (5). Ils restèrent près d'une heure dans le vaisseau. Je les fis saluer de neuf coups de canon quand ils s'en allèrent.

Balon de M. l'ambassadeur

Le 1er octobre, M. Constance, ce ministre du roi de Siam dont j'ai déjà parlé, et qui, pour tout dire, bien qu'étranger, est parvenu par son mérite jusqu'à la première place dans la faveur du roi de Siam, m'envoya faire compliment par son secrétaire, qui était parfaitement honnête homme, et il m'offrit de sa part un si grand présent de fruits, bœufs, cochons, poules, canards, et plusieurs autres choses, que tout l'équipage en fut nourri durant quatre jours. Ces raffraichissements sont agréables quand il y a sept mois que l'on est à la mer.

Le 8, M. l'évêque de Métellopolis, qui s'en était retourné à la ville capitale de Siam, revint à bord avec deux mandarins s'informer de la part du roi de l'état de ma santé et me dire qu'il était dans l'impatience de me voir, me priant de descendre à terre. Je leur témoignai combien j'étais touché de la continuation des bontés du roi leur maître, et je leur dis que je m'allais préparer pour aller à terre. Je reçus ces mandarins comme les premiers, et je les fis saluer en s'en retournant de neuf coups de canon. Sur les deux heures du même jour j'entrai dans mon canot, et ceux de ma suite dans des bateaux que le roi envoya, et étant arrivé sur le soir dans la rivière, j'y trouvai cinq balons très propres, l'un pour moi, fort magnifique, et quatre autres pour les gentilshommes qui m'accompagnaient, avec un grand nombre d'autres pour charger les hardes et tous les gens de ma suite (6). Deux mandarins me vinrent complimenter de la part du roi. Je ne pus aller cette nuit au lieu qu'on avait destiné pour me recevoir, ce qui m'obligea de passer du balon où j'étais dans la frégate la Maligne, qui était entrée dans la rivière deux jours auparavant, et où je couchai.

Balon des gentilshommes

Le même soir, le commis que j'avais envoyé à Siam pour acheter les provisions nécessaires pour les équipages du vaisseau et de la frégate me vint dire que M. Constance lui avait mis entre les mains, de la part du roi, onze barques chargées de bœufs, cochons, veaux, poules, canards et arrek (7), ou eau-de-vie faite de riz, pour nourrir les équipages des deux navires, et qu'il lui avait dit de demander tout ce qui serait nécessaire, le roi voulant défrayer les deux vaisseaux de Sa Majesté pendant tout le temps qu'ils seraient en son royaume.

Le 9 il vint deux mandarins et mon balon de la part du roi, qui me dirent qu'ils venaient pour recevoir mes ordres, et je partis de ce lieu sur les sept heures du matin. Après avoir fait environ cinq lieues, j'arrivai dans une maison qui avait été bâtie pour me recevoir, où deux mandarins et les gouverneurs de Bancok et de Pipely (8), avec plusieurs autres, me vinrent complimenter sur mon arrivée, me souhaitant une longue vie. Cette maison était faite de banbous, qui est un bois fort léger, et couverte de nattes assez propres. Tous les meubles en étaient neufs. Il y avait plusieurs chambres tapissées de toile peinte fort belle ; la mienne avait de très beaux tapis sur le plancher. J'y trouvai un dais d'une étoffe d'or fort riche, un fauteuil tout doré, des carreaux de velours très beaux, une table avec un tapis brodé d'or, des lits magnifiques. J'y fus servi de viandes et de fruits en quantité. Après dîné, je partis et tous les mandarins me suivirent. J'allai à Bangkok, qui est la première place du roi de Siam dans cette rivière, éloignée d'environ 12 lieues de la mer. Je trouvai à la rade un navire anglais qui me salua de 21 coups de canon. Les forteresses du lieu qui gardent les deux côtés de la rivière me saluèrent, l'une de 29 coups et l'autre de 31 (9). Ces forteresses sont assez régulières et fournies de gros canons de fonte. Je logeai dans la forteresse d'à main gauche, dans une maison assez bien bâtie et bien meublée, et où je fus traité à la mode du pays.

Balon du roi de Siam

Le lendemain 10 j'en partis sur les huit heures du matin, accompagné de tous les mandarins et de tous les gouverneurs qui m'étaient venus faire compliment. Il y vint deux autres mandarins me complimenter. À mon départ, je fus salué de la même manière que la veille, et j'arrivai sur le midi dans une maison bâtie exprès pour moi et ayant des meubles aussi beaux que dans la première. Il y avait près de là deux forteresses qui me saluèrent de toute leur artillerie, et deux mandarins me vinrent recevoir. À dîner je fus très bien servi, et j'en partis sur les trois heures. Les forteresses me saluèrent comme auparavant, et ce fut lors que le gouverneur de Bangkok prit congé de moi pour s'en retourner en son gouvernement. Poursuivant ma route, je rencontrai deux navires, l'un anglais et l'autre hollandais, à l'ancre, qui me saluèrent de toute leur artillerie, et j'arrivai, sur les sept heures du soir, dans une maison faite et meublée de la même manière que les précédentes. J'y fus reçu par de nouveaux mandarins et fort bien traité.

Le 11, au matin , je partis et j'allai dîner dans une autre maison. Le soir j'arrivai dans une maison faite à peu près comme les autres et fort bien meublée, où je trouvai deux mandarins qui m'y reçurent.

Le 12 j'en partis et j'allai coucher à deux lieues de Siam, où deux mandarins me reçurent encore. Les chefs des compagnies anglaises et hollandaises m'y vinrent saluer. À l'égard des Français, ils m'étaient venus trouver à mon bord et m'accompagnèrent toujours depuis. Je restai en ce lieu-là jusqu'à ce que je fis mon entrée.

La rivière de Siam, nommée Ménam, est fort belle et fort large (10). Elle a partout au moins quatre brasses d'eau et sept et huit en la plupart des endroits. Elle est toute bordée de très beaux arbres, mais trois ou quatre mois de l'année tous ses rivages sont inondés, ce qui fait que toutes les maisons qu'on y rencontre sont bâties sur des pilotis et faites toutes de banbous. Ce bois sert aux Siamois à faire tant les fondements et les planchers que le dessus de leurs maisons. Ils s'en servent aussi pour faire ce dont ils ont besoin dans leur ménage, n'ayant presque rien qu'ils ne fassent de ce bois, jusqu'à en allumer du feu, s'en servant comme de pierre à fusil. Ils n'ont qu'à racler un peu de ce bois et le frotter ensuite l'un contre l'autre, il s'allume d'abord. Tous les peuples de ces endroits ont de petits canaux et des barques pour aller de maisons en maisons faire leur commerce. On n'y voit presque travailler que les femmes, les hommes étant le plus souvent employés au service du roi, de qui ils sont comme les esclaves. On m'y fit les mêmes honneurs que l'on a accoutumé de faire au roi quand il passe sur la rivière. Je n'y vis personne dans les maisons ; tout le monde était dans les balons ou sur les bords, le ventre à terre et les mains jointes contre le front. Au-devant des maisons et des villages il y avait une espèce de parapet élevé de sept à huit pieds hors de l'eau, fait avec des nattes. Ils respectent tant leur roi qu'ils n'osent pas lever les yeux pour le regarder. Je remarquai que les maisons où j'avais logé étaient peintes de rouge, afin de me traiter comme sa personne, n'y ayant que les maisons royales de cette couleur-là.

Tous les mandarins qui sont venus me recevoir sur la rivière m'ont toujours accompagné. Les premiers étaient comme les gentilshommes de la chambre, et les autres par degré. Les princes y vinrent aussi ; ils ont tous des balons très propres, dans le milieu desquels il y a une espèce de trône où ils s'asseyent, et ils ne vont ordinairement qu'un dans chaque balon. À leurs côtés sont leurs armes, comme sabres, lances, épées, flèches, plastrons, et même des fourches. Ils sont tous habillés de la même manière que j'ai déjà dit. Un Portugais, que le roi avait fait général des troupes de Bancok (11), m'a toujours accompagné et donnait les ordres pour toutes choses. Il y eut environ 50 ou 60 balons à ma suite, dont plusieurs avaient 50, 60, 70 et 80 pieds de long, ayant des rameurs depuis 20 jusque'à 100. Ils ne rament pas à notre manière : ils sont assis deux sur chaque banc, l'un d'un côté et l'autre de l'autre, le visage tourné du côté où l'on va, et tiennent une rame, qui s'appelle pagaie, d'environ quatre pieds de long, et font force du corps pour pagayer (12). Ces rameurs fatiguent beaucoup et se contentent pour toute nourriture de riz cuit avec de l'eau, et quand ils ont un morceau de poisson, ils croient faire un très grand régal. Ils mangent d'une feuille qu'ils appellent bétel, qui est comme du lierre, et d'une espèce de gland de chêne qu'ils appellent arrek (13), mettant de la chaux sur la feuille, et c'est ce qui donne le goût. Ils mangent du tabac du pays, qui est bien fort. Tout cela leur rend les dents noires, qu'ils estiment les plus belles. Un homme peut vivre de cette manière pour 15 ou 20 sols par mois, car ils ne boivent ordinairement que de l'eau. Ils ont une espèce d'eau-de-vie très forte, qu'ils appellent racque, qu'ils font avec du riz. Lorsque j'arrivai dans les maisons qu'on m'avait préparées, tous les mandarins qui m'accompagnaient et ceux qui me recevaient se mettaient en haie jusqu'à la porte de ma chambre.

Le 13 je fis dire au roi, par les mandarins qui étaient avec moi, que j'avais été informé de la manière dont on avait accoutumé de recevoir les ambassadeurs en son royaume, et que, comme elle était fort différente de celle de France, je le suppliais de m'envoyer quelqu'un pour traiter avec lui sur le sujet de mon entrée.

Le 14, il m'envoya M. Constance, avec lequel j'eus une longue conversation ; M. l'évêque fut l'interprète. Nous disputâmes longtemps, et je ne voulus rien relâcher des manières dont on a coutume de recevoir les ambassadeurs en France, ce qu'il m'accorda.

Le 15, les Tonkinois me vinrent complimenter sur mon arrivée.

Le 16, des Cochinchinois firent la même chose.

Bonnet siamois

Le 17, M. Constance me vint trouver, et emmena avec lui quatre balons très beaux pour charger les présents que Sa Majesté envoyait au roi de Siam. Ce même jour, le roi donna ordre à toutes les nations des Indes qui résident à Siam de me venir témoigner la joie qu'ils ressentaient de mon arrivée, et de me rendre tous les honneurs qui étaient dus à un ambassadeur du plus grand roi du monde. Ils y vinrent sur les six heures du soir, tous habillés à la mode de leur pays. Il y en avait de quarante différentes nations, et toutes de royaumes indépendants les uns des autres, et ce qu'il y avait de très particulier était que, parmi ce nombre, il y avait le fils d'un roi qui avait été chassé de ses États, et qui, s'étant réfugié dans celui de Siam, demandait du secours pour se rétablir. Leurs habits étaient presque tout de même que ceux des Siamois, à la réserve de quelques-uns dont la coiffure était différente, les uns ayant des turbans, les autres des bonnets à l'arménienne ou des calottes, et d'autres enfin étans nu-tête comme les moindres des Siamois, les personnes de qualité ayant un bonnet de la forme de celui de nos dragons, qui se tient droit, fait de mousseline blanche qu'ils sont obligés de faire tenir avec un cordon qui passe au dessous de leur menton (14), étant d'ailleurs tous nu-pieds, à la réserve de quelques-uns qui ont des babouches comme celles que portent les Turcs.

PAGE SUIVANTE - L'AUDIENCE AVEC LE ROI

NOTES

1 - Constantin Phaulkon, aventurier grec devenu principal ministre du roi Naraï, et qui jouera un rôle déterminant dans les relations franco-siamoises. Voir dans la section Les personnages la page consacrée à Constantin Phaulkon

2 - Par la Trêve de Ratisbonne signée en 1684 avec l'empereur Lépold 1er, Louis XIV officialisait les annexions de Strasbourg, Courtrai, Luxembourg, Sarrebourg, etc. Les Provinces-Unies et l'Espagne se courbaient également devant la suprématie de la France. C'était donc alors un royaume rayonnant et victorieux que le chevalier de Chaumont représentait au Siam. Situation toute provisoire. À partir de 1688 et jusqu'en 1714, la Guerre de la Ligue d'Augsbourg, puis la Guerre de Succession d'Espagne secouèrent à nouveau le pays. 

3 - Le récit que fait le chevalier de Forbin de son accueil par le gouverneur de Bangkok dément formellement les propos de Chaumont : Dès que nous eûmes mouillé, je partis avec M. Le Vacher pour aller annoncer l’arrivée de M. l’ambassadeur dans les États du roi de Siam. La nuit nous prit à l’entrée de la rivière : ce fleuve est un des plus considérables des Indes, il s’appelle Ménam, c’est-à-dire Mère des eaux. La marée, qui est fort haute dans ce pays, devenant contraire, nous fûmes obligés de relâcher. Nous vîmes en abordant trois ou quatre petites maisons de cannes, couvertes de feuilles de palmier. M. Le Vacher me dit que c’était là où demeurait le gouverneur de la Barre : nous descendîmes de notre canot et nous trouvâmes dans l’une de ces maisons trois ou quatre hommes assis à terre sur leur cul, ruminant comme des bœufs, sans souliers, sans bas, sans chapeau, et n’ayant sur tout le corps qu’une simple toile dont ils couvraient leur nudité. Le reste de la maison était aussi pauvre qu’eux ; je n’y vis ni chaises, ni aucun meuble. Je demandai en entrant où était le gouverneur ; un de la troupe répondit« : « C’est moi. »

Cette première vue rabattit beaucoup des idées que je m’étais formées de Siam ; cependant j’avais grand appétit, je demandai à manger. Ce bon gouverneur me présenta du riz, je lui demandai s’il n’avait pas autre chose à me donner, il me répondit amay, qui veut dire non.

C’est ainsi que nous fûmes régalés en abordant. Sur quoi je dirai franchement que j’ai été surpris plus d’une fois que l’abbé de Choisy et le père Tachard qui ont fait le même voyage et qui ont vu les mêmes choses que moi, semblent s’être accordés pour donner au public, sur le royaume de Siam, des idées si brillantes et si peu conformes à la vérité. Il est vrai que n’y ayant demeuré que peu de mois, et M. Constance, Premier ministre, ayant intérêt de les éblouir par les raisons que je dirai en son lieu, ils ne virent dans ce royaume que ce qu’il y avait de plus propre à imposer. Mais au bout du compte, il faut qu’ils aient été étrangement prévenus pour n’y avoir pas aperçu la misère qui se manifeste partout, à tel point qu’elle saute aux yeux, et qu’il est impossible de ne la voir pas. (Mémoires du comte de Forbin, 1730, I, pp. 97 et suiv.) 

4 - Les mandarins font allusion à une vie antérieure du chevalier de Chaumont. Gageons que ce dernier, peu versé dans les subtilités de la métempsychose, dut recevoir le compliment avec quelque perplexité. 

5 - La relation de La Loubère, publiée 5 ans plus tard, contiendra une illustration de cet habillement :

ImageMandarin siamois - Illustration de la Relation de La Loubère.

6 - Les balons (ballons, balões, etc.) étaient les grands bateaux de cérémonie (rua phra thi nang : เรือพระที่นั่ง) encore utilisés aujourd'hui lors des processions royales sur le fleuve Chao Phraya. 

7 - Chaumont semble faire une confusion entre l'arec, le fruit de l'aréquier, dont il parle plus loin, et une espèce d'eau-de-vie très forte, qu'ils appellent racque, qu'ils font avec du riz. Les relations de voyage foisonnent de termes qui désignent ce type d'alcool à base de riz, de palme, de sagou, etc. : arak, araka, araki, ariki, arack, arack, raki, raque, racque, etc. L'alcool de riz en Thaïlande se dit Lao khao (เหล้าขาว), littéralement : alcool blanc

8 - Aujourd'hui Phetchaburi, ou simplement Phetburi (เพชรบุรี - La cité des diamants) à environ 160 km au sud de Bangkok, à l'extrémité nord de la péninsule Malaise. 

9 - Dans son journal du 10 octobre 1685, l'abbé de Choisy évoque ces deux forteresses : Nous avons passé ce matin entre deux forts de bois qui nous ont salués, l'un de dix coups de canon, et l'autre de huit. Il n'ont ici que du canon de fonte, et la poudre est fort bonne. Le fort à main droite s'appelle Hale [Halle ?] de cristal, et celui de la gauche Halle de rubis. Sur la rive droite du fleuve, dans la province de Nonthaburi (นนทบุรี) se trouvait la forteresse de rubis (Phom thatphim : ป้อมทับทิม) et sur la rive gauche, du côté de l'ouest, la forteresse de cristal, la plus importante (Phom kheo : ป้อมแก้ว), à l'emplacement de l'actuel Wat Chalerm Phra Kyat. 

10 - Ménam (แม่น้ำ), littéralement Mère des eaux est un terme générique qui signifie « rivière » et s'applique à tous les cours d'eau. Le fleuve qui traverse la Thaïlande et se jette dans la mer à Bangkok s'appelle le Chao Phraya (เจ้าพระยา). Lorsque les relations évoquent le Ménam, il s'agit toujours du Ménam Chao Phraya.

ImageLe Chao Phraya à Bangkok aujourd'hui.

11 - L'abbé de Choisy, dans son Journal du 9 octobre, mentionne également ce capitaine portugais : À une demi-lieue de Bangkok deux grands mandarins, dont l’un est portugais, sont venus recevoir M. l’ambassadeur avec quantité de balons, de sorte que le cortège grossit tous les jours et grossira jusqu’à Siam. Le Portugais vient commander les troupes à Bangkok et sera au-dessus du gouverneur. Les Portugais étaient installé depuis longtemps au Siam, beaucoup avaient épousé des Siamoises et les enfants métis intégraient traditionnellement l'armée, où ils pouvaient occuper des postes importants. 

12 - Une illustration de ces pagayeurs se trouve dans la relation de La Loubère :

ImagePagayeurs. Illustration extraite de la Relation de La Loubère. 

13 - Il s'agit bien cette fois de la noix d'arec, fruit rouge orangé non comestible de l'aréquier (dit aussi palmier à bétel - maksong : หมากสง), utilisée avec la feuille de bétel (phlu : พลู) pour confectionner des chiques aux propriétés psychostimulantes et tonifiantes.

ImageAréquier. Illustration extraite de la Relation du père Tachard.
ImageNoix de bétel et feuilles sur un marché thaï.

14 - Ces bonnets auront un grand succès en France quand les ambassadeurs y séjourneront, et longtemps après leur départ, les Parisiens pourront encore acheter des bonnets à la Siamoise à la foire Saint-Germain, à côté des robes de chambre de Marseille, des chemises de toile de Hollande, des points-coupés de Gênes, des diamants d'Alençon, etc. 

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