Livre II - Suite et fin.
Voyage du Cap de Bonne-Espérance à l'île de Java.

Page de la relation du père Tachard
Départ du cap de Bonne-Espérance.

Voilà les particularités du Cap, que nous y avons apprises pendant notre séjour. On avait résolu de lever l'ancre le 6 juin, tout le monde était embarqué pour cela dès le matin, mais nous ne pûmes sortir faute de vent. Le lendemain 7, un petit vent de nord s'étant levé, nous appareillâmes et mîmes à la voile sur les sept heures, et après avoir un peu louvoyé pour passer la queue du Lion, nous doublâmes le Cap sans aucune difficulté. On assure que cet endroit est un des plus dangereux de tout l'océan. En effet, les mers y sont fort grosses, et quand on a le vent contraire il y a toujours du péril, mais nous n'y en trouvâmes aucun, grâces à Dieu, parce que nous avions un vent favorable. Il est vrai que nous eûmes toujours de fort grosses mers et que notre vaisseau fatiguait beaucoup par les grands roulis, qui ne nous permettaient pas d'être debout ni même assis sans nous tenir à quelque chose, et beaucoup moins encore de reposer la nuit. Cependant nous nous consolions aisément, parce que nous faisions beaucoup de chemin avec ces gros vents d'ouest et de sud-ouest. Cela dura environ dix-huit jours, pendant lesquels on fit près de 700 lieues. Nous en eussions fait encore davantage, sans les courant que nous rencontrâmes auprès de l'île de Madagascar, et qui étaient contraires.

Il faut toujours être sur ses gardes au 36° de latitude australe.

Nous avions d'abord couru jusqu'au 37° méridional afin de trouver les vents d'ouest, parce que dans la saison où nous étions, ils y règnent d'ordinaire. Cependant environ ce temps-là, c'est-à-dire le 19 sur les onze heures du matin, à la hauteur de 36° vers le midi, comme nous allions assez vite avec un temps favorable, tout-à-coup le vent changea bout pour bout et tomba sur nos voiles comme pour nous faire reculer, avec tant de violence que nous pensâmes démâter de tous nos mâts. Ont eu bien de la peine à revirer de bord et à mettre le vent dans les voiles. Le baron de Saint-Martin nous avait averti de dire à nos pilotes qu'il ne fallait élever vers le sud que le moins que l'on pourrait, et que dès que nous trouverions les vents d'ouest, il fallait s'en servir et porter à l'est droit à la route. Il nous assura que les Hollandais avaient remarqué que plus on prenait du sud, plus on trouvait de vents violents, et que quelquefois ils changeaient si promptement de la poupe à la proue qu'ils avaient eu plusieurs fois leurs voiles enfoncées et leurs mâts rompus.

Vigilance des officiers du vaisseau.

Mais il n'était pas besoin de donner ce dernier avis à M. de Vaudricourt : il n'y eut jamais un capitaine plus vigilant ni plus appliqué. Et bien nous en prit, surtout ce jour-là, car si l'équipage n'eût pas été à l'erte (1) et les officiers sur le pont, nous eussions couru grand risque de perdre du moins nos mâts et nos voiles.

On voit assez par là qu'il ne faut pas aller vers le sud que le moins que l'on pourra, et que si on trouve dès la hauteur du Cap les vents d'ouest, il faut faire sa route sans se mettre en peine d'élever davantage, à cause de la saison d'hiver et des accidents dont je viens de parler, qu'on ne peut guère éviter sans cette précaution. Il n'en est pas de même au retour, comme nous l'éprouvâmes par le travers de l'île Maurice, et je l'avais aussi entendu dire à M. l'ambassadeur par un pilote hollandais que nous prîmes à Batavia pour nous mener à Siam.

Remarques nécessaires pour ceux qui partent du Cap pour les Indes.

Il disait que dans la saison d'été, que nous prenions pour retourner au Cap, il fallait élever beaucoup vers le sud, jusqu'à la hauteur de 35° à 36° pour se garantir de certains coups de vents furieux, qu'on sent ordinairement près des îles Maurice et de Madagascar ; que ces vent sont comme des ouragans qui mettent en grand danger les meilleurs vaisseaux. Cet avertissement était fort sage, et deux violents orages que nous avons essuyés dans les mêmes endroits, comme je le dirai en son lieu, nous ont assez fait voir qu'il était véritable.

Je vous ai déjà fait remarquer qu'on nous avait fait espérer inutilement qu'après avoir passé la ligne nous trouverions à la hauteur de 6° ou 7° sud des vents favorables qui nous mèneraient au cap de Bonne-Espérance. Nous ne fûmes pas trompés, après avoir doublé le Cap, dans l'attente des vents d'ouest qu'on nous avait promis avec tant d'assurance, si nous élevions jusqu'au 36° ou 37° sud. Nous suivîmes ces instructions, mais on trouva que les avis du baron Van Reede étaient véritables lorsqu'il nous assurait que leurs pilotes avaient remarqué, depuis quatre ou cinq ans, que les saisons et les vents étaient extrêmement changés et qu'il ne fallait guère se fier aux expériences passée, mais naviguer avec beaucoup de précaution.

Comme nos pilotes réglaient leur course sur les mémoires qu'on leur avait donnés en France, ils allèrent jusqu'au 37° de latitude sud et au-delà, pour se conserver les vents d'ouest, mais ce fut là que nous les perdîmes, car les ayant rencontrés dès notre départ du Cap, ils nous manquèrent au 34°. Ils devinrent même si contraires et si forts, que nous n'avions point vu la mer si grosse qu'elle était alors. C'était véritablement des montagnes et des abîmes d'eau. Nous reçûmes de si grands coups de mer contre le vaisseau qu'ils faisaient presque autant de bruit qu'un coup de canon, de sorte qu'il eût couru grand risque de s'ouvrir s'il n'eût été bon, et si ce temps eût encore duré plusieurs jours.

La dunette c'est la plus haute partie de l'arrière du vaisseau.

Les vagues étaient si hautes et si agitées qu'elles passaient par-dessus la dunette et jetaient entre les ponts plusieurs tonneaux d'eau à la fois, ce qui incommodait et fatiguait fort l'équipage.

On fait des prières pour obtenir un vent favorable.

Au bout de six ou sept jours, ces vents se calmèrent un peu à la vérité, mais ils redevinrent contraires, ce qui nous obligea d'avoir recours à la sainte Vierge, à laquelle tout l'équipage fit une neuvaine pour la prier de nous obtenir un bon vent, parce que ayant été près de quinze jours sans avancer, on appréhendait d'être obligé de relâcher à la côte de Malabar ou à l'île de Ceylan, ou du moins d'arriver trop tard à Batavia pour faire cette année le voyage de Siam. Nous avions d'autant plus sujet de craindre ce retardement que nous commencions à avoir bien des malades, tant à cause du mauvais temps que de la mauvaise nourriture de l'équipage, dont les vivres commençaient à se gâter.

La maladie se met dans l'équipage.

Il y eut jusqu'à 60 malades à la fois, depuis le Cap jusqu'à Batavia, la plupart attaqués du scorbut, maladie qui leur pourrissait les jambes, la bouche, et leur faisait tomber les dents. Ce fut alors que nous eûmes une belle occasion de travailler au salut de ces pauvres affligés. Nous fîmes tout ce que nous pûmes pour les soulager spirituellement dans leurs maux, en leur apprenant à en faire un bon usage.

La patience et la piété des malades.

Il était aisé de les résoudre à se résigner à la volonté de Dieu dans les violentes douleurs qu'ils enduraient, surtout quand on les pansait, les chirurgiens étant obligés de couper les gencives jusqu'au palais et leur faire laver ensuite la bouche avec du vinaigre ou de l'eau-de-vie pour arrêter la pourriture et empêcher la gangrène. Nous étions quelquefois surpris de voir la tranquillité où ils étaient au milieu de leurs peines, leur indifférence pour la santé ou pour la maladie, pour la vie ou pour la mort, ne souhaitant au monde que l'accomplissement de la volonté de Dieu. Ils faisaient paraître tant d'empressement pour entendre la messe et pour communier, que se faisant porter sur le pont par leurs camarades, on les voyait tomber en faiblesse et s'en retourner contents, quoique plus malades, après avoir satisfait à leur dévotion.

Deux hérétiques qui s'étaient embarqués se convertissent.

C'était sans doute une grande consolation pour nous. Elle fut encore beaucoup augmentée par la conversion de deux pauvres matelots calvinistes qui s'étaient embarqués à l'insu de M. l'ambassadeur. Si on les eût reconnus hérétiques, on n'eût jamais souffert qu'ils eussent été du voyage, mais la providence divine se servit de la curiosité qu'ils eurent d'aller à Siam pour les mettre dans la voie du salut. Ils eurent bien de la peine à se déterminer, mais enfin gagnés et instruits par un de nos pères, ils renoncèrent publiquement aux erreurs de Calvin. Le père de Fontaney, après leur avoir fait une petite exhortation pour les confirmer dans la résolution de vivre et mourir bons catholiques, reçut leur abjuration le troisième dimanche d'après Pâques. On les instruisit encore dans la suite, pour les disposer à leur première communion, qu'ils firent quelque temps après avec beaucoup de piété, et depuis ils ont vécu l'un et l'autre avec une grande édification dans le navire (2).

Dieu accorde un beau temps par l'intercession de la sainte Vierge.

Nous commençâmes donc notre neuvaine le samedi 7 juillet, et dès le lendemain nos prières furent exaucées (3). Il se leva un vent si favorable que nous fîmes 50 lieues en moins de vingt-quatre heures, après cela nous vîmes du goémon, des oiseaux en plus grand nombre qu'à l'ordinaire, car nous n'avons pas cessé d'en voir depuis le Cap jusqu'à Batavia. On cru qu'ils venaient de l'île de Saint Paul d'Amsterdam, qui est vers 36° de latitude australe et 89° de longitude.

Après avoir couru à l'est près de 1 000 lieues, nous dressâmes notre route vers le nord pour aller gagner l'île de Java, qui est au 6° de la ligne du côté du midi. Nous eûmes même durant quelque temps un vent frais et favorable, mais le 15 juillet il commença si fort à mollir que nous ne faisions presque plus de chemin. La nuit du 17 au 18 de ce même mois, nous repassâmes le tropique du Capricorne, et depuis ce jour-là nous allâmes toujours au plus près du vent jusqu'à la vue de l'île de Java.

Précaution dont on doit se servir dans cette navigation.

Car nous craignons de tomber trop au nord, et par conséquent au-dessous du détroit de la Sonde, ce qui nous eût fort embarrassé, parce que les vents qui règnent de ce côté-là et les courants qui s'y trouvent ne nous permettant pas d'y entrer, nous aurions été obligés de relâcher à l'île de Ceylan ou à Sumatra. C'est pourquoi nous souhaitions, que les vents nous permissent de porter plus à l'est, afin de gagner la terre de Java. Cependant comme on vit que les vents contraires continueraient toujours, le mercredi 25 juillet, on tint conseil pour déterminer si on porterait toujours au nord-est pour passer entre l'île des Cocos (4) et le Trias (5), ou si on irait reconnaître la Nouvelle Hollande (6). Deux de nos pilotes furent de ce dernier avis, fondés sur des instructions particulière, qui le marquaient, et ils disaient que les vents ne changeraient point et que si on allait reconnaître ces terres, ils deviendraient favorables pour entrer dans le détroit de la Sonde. Les trois autres s'y opposèrent à cause des dangers qui se rencontrent le long de cette côte et des fréquents naufrages qu'on y a faits, outre qu'ils firent voir qu'il était fort difficile de passer entre le Trial et la terre, et qu'ainsi il valait mieux gagner l'île de Java.

Le Trial sont trois îles assez basses.

Ils disaient que dans peu de temps les vents changeraient ou qu'on relâcherait à Sumatra en dernière ressource ; que ce parti, quoique assez fâcheux, était néanmoins sans péril et qu'il fallait s'y résoudre plutôt que de risquer à se perdre. On suivit ce dernier avis et il se trouva le meilleur, comme on le verra par la suite. Il est vrai que depuis ce temps-là les vents ne devinrent pas plus favorables qu'ils l'étaient alors, mais comme l'île de Java n'était pas si éloignée que nos pilotes, fondés sur leurs cartes, se l'imaginaient, on se trouva en peu de temps bien au-dessus du détroit de la Sonde, et on y entra de la manière que nous allons le raconter. On n'avait pas voulu se fier à l'expérience et aux bons avis de M. de Saint Martin, qui nous avait assuré, que l'île de Java était mal marquée sur les cartes ordinaires et qu'elle était d'environ 100 lieues plus proche du Cap et beaucoup moins au vent qu'on ne croyait.

Le vent étant contraire, on recommence à faire des prières.

Nous continuâmes donc cette route et nous allâmes au nord-est, dans l'espérance d'un vent plus favorable. Mais comme après avoir navigué longtemps le vent ne changeait point, on voua une autre neuvaine qu'on commença avec un renouvellement de dévotion et de ferveur. Plus de la moitié de l'équipage était dangereusement malade, et l'autre partie était si faible qu'ils ne pouvaient fournir à faire la manœuvre.

Les matelots de Saint Malo se distinguent par leur dévotion.

Les matelots qui étaient de Saint-Malo voulurent donner des marques de leur dévotion envers saint Sauveur leur patron. Ils députèrent vers un de nos pères deux ou trois d'entre eux pour le prier de les assister dans ce qu'il fallait faire pour rendre leur vœu agréable à leur saint patron. Ils ont cette coutume parmi eux, qu'ils observent inviolablement, lorsqu'ils se trouvent dans quelque péril sur mer, de promettre à saint Sauveur d'aller visiter son église en linge, c'est-à-dire, en chemise, d'y communier et d'y faire chanter une messe solennellement. Ils avaient déjà concerté entre eux de faire ce vœu : plusieurs des leurs, qui étaient malade du scorbut, leur avaient inspiré cette pensée et les pressaient de l'exécuter. Après qu'ils eurent proposé leur dessein, on leur dit, qu'il fallait commencer par se confesser et communier afin de se mettre en état d'être exaucés. Ils s'y disposèrent durant le reste de la semaine, et le dimanche ils se confessèrent et communièrent tous. Après quoi le père à qui ils s'étaient adressés monta sur le château d'avant, et les ayant fait mettre à genoux, prononça à haute voix la promesse qu'ils faisaient à Dieu, si par l'intercession de saint Sauveur ils obtenaient un vent favorable et un retour heureux en leur pays.

La Providence est sans doute admirable en tous lieux, mais j'ose dire, et je l'ai souvent connu par expérience, qu'elle se fait sentir d'une manière toute particulière sur mer. Jamais on n'avait demandé le beau temps avec plus de confiance, et on croyait n'en avoir jamais eu plus besoin durant toute la navigation. Cependant Dieu ne voulait point exaucer nos prières et nous étions surpris de nous voir déjà à la fin de notre neuvaine sans avoir aperçu le moindre changement de temps.

Protection spéciale de Dieu sur notre voyage.

Mais nous fûmes bientôt heureusement détrompés et nous reconnûmes qu'après les vœux et les prières, il faut s'abandonner à la Providence, car si nous eussions été exaucés et que Dieu nous eût accordé le vent que nous demandions avec tant d'empressement, nous eussions infailliblement donné, la nuit du 2 au 3 août, contre une île basse avec un très grand danger d'y faire naufrage. On ne reconnut cette île que le matin à la pointe du jour, lorsque nous en avions déjà passé près de la moitié, n'en étant éloignés que de deux lieues ou environ. De sorte que si nous eussions eu cette nuit-là le vent propre pour aller droit à l'est-nord-est, comme nos pilotes le jugeaient à propos, nous ne pouvions manquer de nous perdre. Comme cette île est située presque à 10° de latitude, on crut quelque temps que c'était l'île des Cocos que nous croyions avoir déjà passée, d'autant qu'elle est marquée sur les cartes à 12° de latitude méridionale.

Embarras où l'on fut avant que d'arriver à l'île de Java.

On ne pouvait pas aussi s'imaginer que ce fût l'île de Mony (7) la plus australe et la plus orientale des deux îles qui sont proches de la côte de Java, soit parce que Mony est marquée sur les cartes ordinaires à 8° de latitude, soit parce que nous ne vîmes de tout le jour, ni même le lendemain, l'autre petite île qui en est fort proche. Ainsi nos malades dont le nombre était fort grand et qui s'étaient levés pour voir la terre, furent bien tristes ne trouvant pas celle qu'ils avaient espérée. Et ils le furent encore davantage quand ils apprirent que nous ne savions pas où nous étions. Dans le doute on prit le parti le plus sûr, et on fit route vers l'est, de peur de tomber au-dessous du détroit de la Sonde dans lequel il aurait été difficile d'entrer à cause du vent de sud et de sud-sud-est qui règne toujours en cette saison. Mais nous avons reconnu depuis que c'était Mony, en voyant des cartes plus exactes à Batavie, lesquelles mettaient justement cette île à 10° 11'anbsp;de latitude méridionale. Ce fut M. le Trésorier général qui nous les fit voir le premier jour que nous mîmes pied à terre, lorsque nous lui racontâmes le péril où nous nous étions trouvés. Il appela un vieux pilote qui nous montra dans une grande carte cette île marquée justement où nous l'avions trouvée. Les signaux de Mony sont trois sortes d'oiseaux que les gens de mer appellent des fous, des frégates et des pailles-en-queues. Les premiers se laissaient prendre à la main quand ils se reposaient à l'entrée de la nuit sur les vergues du vaisseau, et les derniers ont des plumes à la queue longues d'environ 20 pouces, que l'on croirait des pailles en les voyant de loin, ce qui a donné sujet de les nommer de la sorte.

Pendant ce long trajet, nous n'avions rien vu de fort remarquable, si ce n'est quelques marsouins qui sont assez différents des premiers, dont nous avons déjà parlé, pour la grosseur, pour la figure et pour la couleur, car ils sont deux fois plus gros et plus blancs et ils ont le mufle moins allongé et presque arrondi, comme on en voit la figure dans la carte suivante de la rade de Bantam. Comme ils sont bien plus beaux que les premiers, et que plusieurs les prirent d'abord pour des dorades, nous crûmes que c'étaient là des poissons, que les anciens ont connus sous le nom de dauphins. Nous n'avions point fait de pêche depuis le Cap, les mers étant trop rudes pour pêcher. Nous avions vu des souffleurs, qui sont comme de petites baleines, et quelques autres beaucoup plus grands, qui poussaient l'eau en l'air à plus de 15 ou 16 pieds, autant qu'on en pouvait juger de la distance où nous les voyions.

DÉBUT DU LIVRE III

NOTES

1 - De all'erta, forme italienne de l’ancien français a l’herte (« à la garde, en garde »). Stare all'erta : être sur un lieu élevé, être en observation. 

2 - Peut-être n'avaient-ils pas tellement le choix. Selon l'abbé de Choisy, cet épisode eut lieu le 13 mai 1685, soit 18 jours avant l'arrivée au Cap : Aujourd’hui deux matelots ont fait abjuration du calvinisme. Le père de Fontaney leur a fait l’exhortation. C’était les deux seuls huguenots qui fussent dans l’équipage ; et à dire le vrai ils étaient bien prédestinés, car si on l’avait su, on ne les aurait pas embarqués. Ils n’ont pu résister aux raisons du père Tachard, qui les a déterrés et instruits ; et au bon exemple de M. l’ambassadeur. (Journal de Choisy - mai 1685). 

3 - L'abbé de Choisy confirme l'effacacité du procédé. Dans son Journal du 15 juillet, il écrit : C’est aujourd’hui que finit la neuvaine que nous avons faite pour le bon vent, et depuis qu’elle est commencée, nous l’avons eu à souhait. Nous avons fait plus de quatre cents lieues depuis huit jours : assurément, Dieu veut qu’on le prie. 

4 - Également appelées îles Keeling. Archipel situé à 800 kilomètres au sud-ouest de Java, près du 12ème parallèle. Ancienne colonie britannique transférée à l’Australie en 1951, elle vota pour son rattachement à ce pays en 1984. 

5 - Plutôt Trial. Ce groupe de rochers a été ainsi appelé suite au naufrage en 1622 du Tryal, vaisseau anglais qui ralliait Batavia depuis le cap de Bonne-Espérance. Sur les 139 passagers et membres d'équipage, 46 furent sauvés, dont John Brookes, le capitaine. Le récif était indiqué approximativement sur de nombreuses cartes et mentionné sur les routiers, mais pendant plus de trois siècles on chercha en vain à le localiser précisément, au point qu'on finit même par douter de son existence. Il fallut attendre 1969 pour qu'une expédition retrouve l'épave du Tryal et identifie l'amas rocheux nommé Ritchie's Reef, ou Greyhound's Shoal, à 14 km au nord-ouest des îles Montebello (Latitude : -20° 15' S et longitude : 115°23' E).

ImageL'île des Cocos et le récif des Trials sur une carte de Pierre Mariette (XVIIe siècle).
ImageSituation précise de Ritchie's Reef, au nord-ouest de l'Australie. 

6 - L'Australie. 

7 - L'île Christmas, autrefois île Mony, située au sud de Java. C'est aujourd’hui une dépendance australienne. L'abbé de Choisy l'appelle l'île Monin. 

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